Derrière les rideaux, la scène (ou l'écran)

Vision subjective mais passionnée de ce qui se joue dans le plat pays qui est le nôtre. Critiques, coups de coeur (souvent) et de gueule (rarement) de Mary (grande "hanteuse" de salles de théâtre) et Peter (assidu des salles obscures) Commentaires welcom

20 décembre 2009

What else?

En bref, et avant d'attaquer un billet sur l'épisode 2010 de "Sois belge et tais-toi" (il arrive, il arrive, ça fait une semaine que j'ai vu le spectacle, le billet ne va pas tarder, j'avais juste 'un peu' de retard sur ce blog... j'vous dis déjà, en bref, que j'ai aaaadoooooréééééé encore plus que l'an passé et que j'ai super envie de revoir le spectacle et que du coup, le 2 mars 2010, ça me semble beaucoup trop loin)... euh, bref, je disais donc, avant ça, quelques mots sur plein d'autres choses que je suis allée voir ces derniers mois...

* L'Apostat, de Régis Debray (Blocry, Louvain-La-Neuve) : une magnifique performance de Jean-Claude Frison, seul sur scène pour défendre ce texte. Avec un début percutant (voir explosif!)...  ce texte interpelle, parle de l'histoire et de l'actualité, et est un plaidoyer contre les fanatismes religieux. Julien, empereur romain oublié des cours d'histoire car il eût un règne très court, et puis, qu'il n'était pas très "politiquement correct" à son époque, s'introduit dans la nôtre pour nous raconter sa vie, ses luttes, ses craintes face à certains intégrismes, et nous mettre en garde, afin que ce qui lui est arrivé ne nous arrive pas.

Cet homme, dit "Julien l’Apostat", est le dernier des empereurs romains à avoir autorisé la pratique libre des cultes, à une époque où le christianisme faisait feu de tout bois pour convaincre les gens de se convertir et pour devenir la religion d'état. (si vous voulez en savoir plus sur ce personnage historique, vous pouvez consulter cet article sur wiki!)

La pièce est très bien écrite, avec une dose d'humour et de l'action qui évitent la monotonie. Et puis Jean-Claude Frison est exceptionnel, maniant à merveille les changements de rythme, de ton, de voix, faisant vivre différents protagonistes lorsqu'il raconte "ses" souvenirs (enfin ceux de Julien vous avez compris!)... On est scotché, et bien que le spectacle dure 1h20, on ne voit pas le temps passer, on n'a pas l'impression d'assister à une conférence historique, mais on est vraiment plongé dans le monde antique, avec l'écho de l'histoire qui se répète...

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* Et pas une ride!, le spectacle de Michèle Bernier (Centre culturel d'Auderghem) : Michèle Bernier a passé le cap de la 50aine, et ça lui a inspiré un spectacle! La "suite" du "Démon de midi", en quelque sorte...
Elle rôdait son spectacle quand je l'ai vue à Auderghem (et voui, on est un bon public en Belgique alors on a droit à la primeur!), donc j'imagine qu'elle va un peu le raccourcir parce que là ça dépasse les 2h quand même...

Sincèrement, même s'il y a quelques longueurs ou quelques passages un peu moins réussi, c'est un spectacle génial, et "Moumoune" est excellente sur scène! Généreuse, sans complexes, explosive, déjantée, n'ayant peur de rien et surtout pas du ridicule, tendre, émue, émouvante, sincère, bref, extraordinairement humaine!
On rit aux éclats quand elle parle des baignoires à porte pour les vieux, ou quand elle danse un tango d'adieu avec un tampax géant, on a les larmes aux yeux quand elle évoque ses parents morts trop tôt, ou le départ de sa fille de la maison.
Les transitions entre sketches sont soignées, la mise en scène tient la route, le rythme est élevé... Ce n'est pas 100 % nickel sans faute mais on lui pardonne tant elle met tout son coeur dans son spectacle et sa performance!

Allez la voir sur scène, c'est un spectacle qui fait du bien!

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* Pour un oui, pour un non, de Nathalie Sarraute (Centre culturel d'Uccle) : Un face à face sur la puissance des mots. Ou toutes les difficultés que l'on peut avoir à se comprendre... Daniel Hanssens et Alexandre Von Sivers sont deux amis, qui se sont éloignés, sur des non dits, et qui se retrouvent pour crever l'abcès. Où comment une phrase, "c'est bien, ça...", trop condescendante, a pu semer le trouble et la discorde...
C'est court (moins d'1 heure), trop court à mon goût je l'avoue!
Le face à face de 2 grands comédiens que j'apprécie aurait pu continuer, pour moi! Même si la rhétorique a ses limites, et que finalement, il n'est question que du langage... Enfin, c'est un peu plus profond que ça, ce sont parfois des visions des choses qui s'opposent...
Bref, pas désagréable du tout, surprenant pour le public (je ne vous dirai pas pourquoi!!), mais... court!

* Le Tartuffe, de Molière (Aula Magna, Louvain-La-Neuve) : Bon, ben je voulais voir, et j'ai vu. Molière en vers, même avec des comédiens que j'aime, ça passe difficilement!
Pourtant ce Tartuffe avait des atouts : Armand Delcampe pour jouer Orgon, face à Benoît Verhaert dans les habits du Tartuffe.
Mais rien à faire, la mise en scène est trop classique, le phrasé aussi, l'ensemble trop statique... Et je me suis franchement ennuyée! (en plus je trouve qu'on est mal installé à l'Aula Magna, en tout cas je me suis calée la nuque et j'ai juste gagné un gros mal de tête en allant voir ce spectacle!)
Seule Marie-Line Lefebvre, qui joue la servante Dorine, n'ayant pas sa langue dans sa poche, apporte un peu de mouvement et d'émotions à un spectacle trop lisse et trop lent... Alors, est-ce que ça tient à la mise en scène ou à la pièce de Molière, je sais pas, mais je ne crois pas que je vais la tenter dans une autre distribution encore pour voir, là j'arrête... Tartuffe, ce n'est définitivement pas ma tasse de thé!

* La souricière, d'Agatha Christie (théâtre des Galeries, Bruxelles) : alors là, j'ai une impression très bizarre par rapport à cette pièce! J'ai trouvé l'interprétation des comédiens, à quelques exceptions près, très très moyenne (et encore je me trouve gentille), et pourtant j'ai beaucoup aimé la pièce! Parce que c'est une pure intrigue made in Agatha Christie, et que je suis une disciple fervente de la reine du crime anglaise... Au point que j'avais trouvé l'assassin avant la fin (bon ok, pas dès le départ, mais quand même, à un moment j'ai tilté!). Le suspense était bien dosé, la mise en scène collait bien à l'ambiance, le décor aussi...

L'intrigue est classique: un meurtre a été commis près de Londres, et il se pourrait bien que l'assassin se cache dans une pension de famille qui vient juste d'être inaugurée, et dans laquelle les pensionnaires sont bloqués par une tempête de neige. Une sombre histoire de maltraitance serait à l'origine du meurtre, et visiblement, le coupable n'aurait pas l'intention d'arrêter sa vengeance à la première victime... Un policier mène l'enquête au Manoir: qui est le coupable, qui est la prochaine victime, quels secrets cachent les pensionnaires? Parce que bien sûr, rien n'est simple chez Agatha Christie!
Donc l'histoire est bien construire, les dialogues rythmés, l'ambiance sympa... Mais qu'est-ce que j'ai eu du mal avec les comédiens! Dans les rôles des propriétaires de la pension de famille, Stéphanie Van Vyve, comme d'habitude, m'a horripilée (j'ai rien contre elle, mais je supporte pas son jeu et ses minauderies, elle me gonfle!), David Leclercq ne m'a pas convaincue non plus... Louise Rocco m'a déçue aussi, je l'avoue, trop dans son registre habituel qui pour moi ne collait pas ici... Il n'y a en fait que Toni d'Antonio, qui joue Mr Paravicini, un mystérieux italien débarqué on ne sait d'où, et Yves Claessens, qui interprète un des pensionnaires, le Major Metcalf, qui m'ont vraiment parus juste dans leur jeu... Tristan Moreau (un autre pensionnaire assez maniéré, Christopher Wren), n'est pas mal non plus, mais en fait parfois un peu trop.

Bref, impressions mitigées, mais pas de regrets quand même!

* Ladies night, de Anthony Mc Carten, Stephen Sinclair et Jacques Collard, adapté par Alain Helle (centre culturel d'Uccle) : coming soon!

* Sur la route de Montalcino, de Jean-François Viot (Théâtre Jean Vilar, Louvain-La-Neuve) : coming soon!

* L'assaut des cieux, chorégraphie de Claudio Bernardo (la Machine à eau, Mons) : coming soon!

* Metapolis II, chorégraphie de Frédéric Flamand, en collaboration avec Zaha Hadid (Wolubilis, Woluwé St Lambert) : coming soon!

Vous trouvez pas que je suis souvent fourrée au théâtre?
Heureusement, 2010 s'annonce un peu plus light! Ouf!

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22 novembre 2009

Massive update...

Coucou tout le monde!

Bon ben... Force est de constater que j'ai été assez paresseuse ces derniers mois.
Ou alors, que je suis allée trop souvent au théâtre...
Hé oui, un programme chargé = moins de temps pour vous en parler...

Je vais tenter de rattraper mon retard aujourd'hui. En postant des résumés des différents spectacles et pièces que j'ai vus ces derniers mois. Un sujet par billet, pour les classer plus facilement, mais des billets courts, parce que je n'aurai pas le temps de vous faire une analyse détaillée de chaque pièce... Non parce que l'air de rien, depuis fin septembre, c'est pas moins de 10 spectacles que je suis allée voir!
Donc... On va voir ce que je parviens à faire avec tout ça!

C'est parti!

Mary

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30 juin 2009

Fin de saison

Coucou tout le monde!

Pas beaucoup de news ici ces derniers temps je sais...

Mais les mois d'avril, mai et juin furent très calmes....
3 pièces vues, mais pas de coup de coeur particulier, même si 2 sur les 3 étaient franchement pas mal du tout!

En quelques lignes:
* Le cercle des amis de la chanson d'amour, au Public:
J'étais curieuse de découvrir le concept, j'ai été un peu déçue. Il y a des idées, mais bon, ça tourne pas mal en rond quand même... Quelques moments intéressants, des idées sympa, les morceaux chantés sont pas mal, mais... c'est trop agité, limite agaçant parfois.
Et la technique pour faire écrire un quatrain au public c'est quand même bof: faut déjà proposer un vers de 8 pieds (et c'est plus difficile que 12 je trouve!), et à partir de rien... Pour moi ils auraient dû animer plus cette partie là, proposer des mots de départ, des thèmes, croiser les idées...
(quoi, c'est l'animatrice de brainstorming en moi qui réagit, là, non?)
Bref... Pas plus convaincue que ça!

* Le piano de Staline, au Parc:
Finalement, les thèmes russes, c'est aussi un peu lourd à mon goût... Donc, seul bémol, la pièce est un peu longuette, ou il y a des passages un peu longuets, je sais pas...
MAIS... Les comédiens sont excellents. Donc ça passe, et ça passe même finalement très bien!
En même temps, c'est pas étonnant, avec une telle distribution: Jean-Marie Pétiniot (Staline), Jean-Claude Frison (Chostakovitch), Alexandre von Sivers (Prokofiev) et Jacques Viala (Jdanov)

Le jeu et la mise en scène sont assez épatants car ils rendent certains passages extrêmement tendus, malsains presque... le côté manipulateur de Staline, cette manière faussement douce d'écraser les 2 compositeurs, de les torturer mentalement... Un passage où il casse les disques de Prokofiev est particulièrement intense en émotions!
A côté de ça il y a des moments légers, extrêmement drôles (dans la 2ème partie, lorsqu'ils essaient de composer un morceau, c'est cocasse!!!!), qui équilibrent... Mais on en ressort avec un léger malaise, face à cette personnalité complexe de Staline...
Assez bluffant!

* Dom Juan, au Public:
Un classique, du Molière... A priori pas trop ma tasse de thé, mais Dom Juan, ce n'est quand même pas la pièce la plus caractéristique du style Molière, et l'ayant lue à l'école, j'étais curieuse de la découvrir!
Et ... ça m'a beaucoup plus! La pièce fonctionne très bien, avec de l'humour, de la séduction, de la légèreté, de la tragédie, du fantastique qui fait peur (oui j'exagère, mais les passages avec le commandeur et dans la forêt sont... inattendus dans la forme, et je trouve, bien réussis pour l'ambiance!)
Et puis le duo Dom Juan / Sganarelle (Serge Demoulin / Olivier Massart) fonctionne très très bien!
La pièce vaut certainement d'être vue, au moins pour ce duo, et puis le reste de la distribution qui tient bien la route aussi!

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29 mars 2009

Au programme - mars 2009

Programme théâtral à nouveau chargé en mars, enfin surtout comparé à janvier et février...
Avec une reprise, et une sortie euh... avant-première (à Paris en plus!), mais qui n'a rien à voir avec le théâtre, donc, dont je ne vous parlerai pas ici!  :-)
Mais par contre, je vous en parle sur l'autre blog... compte-rendu complet de la "Nuit" Kaamelott (mais séance de 11h) au Grand Rex ici

* Sois belge et tais-toi
Eh oui, je suis donc retournée voir le spectacle le 5 mars à Auderghem!
Toujours aussi "au top", rien à redire, c'est même encore mieux qu'en décembre, sans doute des comédiens plus à l'aise avec le texte et la mise en scène donc se lâchant plus! (et, non, je ne trouve pas que ce soit de la déconcentration sur le rythme, c'est bien aussi le grain de folie et les fous rires impromptus!!).

A vous signaler aussi : le DVD est déjà sorti cette année! Eh oui, avant la fin de la tournée!
Avec le spectacle apparemment en version intégrale, et quelques petits bonus 'coulisses'...
Je l'ai déjà acheté, mais je ne le regarderai pas tout de suite (faut pas abuser des bonnes choses), donc, 'review' du DVD avec print screens pour plus tard!
Mais en attendant, si vous avez raté le spectacle... il vous reste 2 dates de rattrapage en mai (le 4 à Woluwé, le 5 à Gilly), ou alors, à commander le DVD!

* Texto, au Théâtre de la Toison d'Or
Alors là... gros, gros coup de coeur!
OK, c'est tout à fait dans la veine des spectacles que j'aime, ceux auxquels j'accroche... Donc forcément j'ai adoré et passé une soirée excellente. Mais objectivement, je crois que ce spectacle qui part de cette question : "c'est quoi, être juif?" et qui questionne l'être humain bien au-delà de la religion, quelle qu'elle soit, ce spectacle, donc, a beaucoup d'atouts!

Difficile de vous résumer cette pièce d'Albert Maizel, d'autant que l'intrigue repose aussi sur un certain suspense !
Alors, en quelques lignes, au début de la pièce, dans son appart, il y a Michel, un avocat. Juif, puisque c'est d'être juif qu'il est apparemment question dans la pièce. Il commence une drôle de journée, sous pression, pendu au téléphone, entre sa femme qui lui annonce qu'il risque bien d'être élu 'personnalité juive belge francophone de l'année', son fiston qui découvre les p'tites copines, un client qui le félicite d'une initiative de son confrère, un autre qui veut le quitter à cause de cette même initiative...
Et Serge, le fameux confrère, qui n'est pas joignable... Et puis débarque Michel, un autre Michel, le 3ème larron qui avait fondé le cabinet, 3 anciens potes inséparables autrefois... Michel, parti au fin fond du Caucase s'occuper de réfugiés, pas revu depuis plus de 6 mois... qui déboule en tenu folklorique chez le premier Michel, pour lui rappeler une promesse: ce week end, les 3 amis devaient aller marcher dans le Mercantour. Serge serait déjà sur la route, à en croire les textos reçus par Michel sur cet étrange téléphone portable...
Mais quelle est donc la 'mission' réelle de Michel, que vient-il faire chez son ancien ami, que sait-il exactement de... ? Pourquoi pose-t-il tant de questions à Michel sur le sens de sa vie, sur ce que c'est pour lui d'être juif...?

Eh oui, derrière cette intrigante histoire, il y a des questions et des réponses. Seulement, peut-être que les réponses fournies dans la pièce ne correspondent pas aux questions posées... Peut-être que certaines resteront ouvertes, sans réponse, parce qu'après tout ne dit-on pas qu'un juif, quand on lui pose une question, répond par une question?

Ce qui est sûr, c'est que dans cette pièce, il y a quand même énormément d'humour, bien mis en avant dans la mise en scène d'Alexis Goslain, et qu'on rit beaucoup!
Et aussi, et surtout, qu'il y a deux comédiens qui se font face avec énormément de talent, qui s'amusent avec ces personnages, qu'ils campent de façon totalement convaincante : Itzik Elbaz, exceptionnel, décidément capable de tout jouer, à mille lieues des rôles dans lesquels j'ai déjà ppu le voir, il est le premier Michel, l'avocat qui a oublié un peu le sens de sa vie, et il est juste incroyable, par moments cocasse, avec un côté un peu 'Michel Boujenah' en moins exagéré, par moments dépassé et paumé, sentant bien qu'il y a des trucs qui lui échappent...
En face, Jean-François Rossion est plus posé, avec un côté doux et rassurant dans le sourire, mais mystérieux à souhait quand il le faut...

En conclusion, je ne peux que vous encourager à aller voir cette pièce, très drôle, avec pas mal de profondeur, des fous rires, des questionnements, et deux acteurs épatants!
A voir au TTO jusque fin mars!

* Les grandes occasions, Théâtre du Parc
Du théâtre américain contemporain... un p'tit côté "Tennessee Williams" pour cette pièce de Bernard Slade, présentée au Parc dans une 'traduction'/adaptation de Danièle Thompson, ce qui donne de chouettes dialogues plutôt bien envoyés!

L'histoire? Il s'agit d'un couple, Emilie et Antoine. Mariés, 3 enfants. Au début de la pièce, ils fêtent leurs 15 ans de mariage, mais le coeur n'y est pas. Car ils vont se séparer, entre eux, ce n'est plus possible. Enfin... ils ne se comprennent plus, c'est difficile, elle ne peut vivre ni avec lui, ni sans lui... Alors, pendant 10 ans, on va suivre ce drôle de "couple" qui se retrouve lors de "grandes occasions" comme le titre l'indique, enterrement de la mère d'Antoine, fin des études de leur fils, premier concert de l'aînée, remariage, soirée de Noël... 10 ans qui permettront peut-être enfin à Antoine et Emilie de s'apprivoiser, de se parler sans fard, sans masque, de se voir tels qu'ils sont et de s'expliquer...

La pièce, c'est donc une suite de petites saynettes, souvent à deux, parfois avec seulement l'un des protagonistes. C'est souvent drôle, et souvent touchant aussi. Car les dialogues sont ciselés, car l'histoire, c'est simplement la vie, où rien n'est simple, où les choses ne se passent pas comme on le voudrait, où on se fait du mal sans le vouloir, où on n'arrive pas à se parler... Palette de sentiments, d'émotions, et forcément, ça parle aussi aux spectateurs, il y a forcément l'un ou l'autre passage qui réveille un écho en chacun de nous...
Jolie pièce, humaine et touchante, portée par deux comediens exceptionnels : Patricia Houyoux et Jean-Claude Frison. Ils sont absolument impeccables, jouent avec énormément de nuances ces deux personnages et la complexité de leurs relations et leurs sentiments, sont parfois cocasses, parfois forts, parfois fragiles, parfois pathétiques... Du grand art qui permet à cette pièce, sobrement et efficacement mise en scène par Toni Cecchinato, d'être très réussie et qui fait passer un moment agréable aux spectateurs!

A voir au théâtre du Parc jusqu'au 4 avril!

* Facteur humain, Théâtre le Public
Le Publis sous-titrait, pour cette pièce, "comédie extra-terrestre"...
Bon alors, extra-terrestre, peut-être bien, mais comédie... Moi j'ai pas trouvé ça franchement comique! Mais plutôt agressif, et je ne suis pas la seule, à ce que j'ai entendu comme commentaires en sortant!
Agressif, dans la forme, avec de la musique assez grinçante par moment, des sons genre "guitares électriques saturées", des grondements et des bourdonnements, des cris...
Agressif dans le propos aussi, dans une vision sans concession de la société et du monde, dans le côté plutôt sordide de cette peinture de folie ordinaire qui cache un drame...

Donc, as trop ma tasse de thé, et je n'ai donc pas accroché à ce spectacle, inspiré apparemment d'un reportage du magazine 'Strip Tease', qui raconte l'histoire d'un homme, Ludovic-Victor dit Toto, ou plutôt un extra-terrestre, envoyé en mission sur terre pour observer et faire des rapports à sa planète d'origine, et qui construit lentement mais sûrement sa soucoupe volante dans le jardin, afin de pouvoir rentrer et rejoindre son père, déjà reparti vers leur planète.
En attendant, il vit chez sa mère, le genre envahissante et sur-couveuse qui a peur que son petit l'abandonne. Une mère perdue entre les médicaments très nombreux dont elle se gave, et son amour du Magicien d'Oz. Elle tient un kiosque à journaux, où Toto la remplace souvent, pour vendre les magazines (il en profite pour découper dans les journaux les faits divers glauques et sordides, coupures qu'il collectionne et qui lui servent à réaliser ses rapports sur la planète Terre!
Mais un jour, une jeune fille étrange survient au kiosque. Elle dit s'appeler Cendre, et va petit à petit prendre de la place dans la vie de Toto, jusqu'à ce que finalement, tout bascule...

Une histoire étrange donc, qui flirte avec la folie et touche donc aussi au franchement sordide par moments.
De bonnes performances d'acteurs cependant à souligner, en particulier Jo Deseure, qui est grandiose pour camper la mère, Thierry Janssen, qui interprète Toto et est aussi l'auteur de la pièce, et Erika Sainte, qui est l'énigmatique Cendre.
Bref, un drôle de coctail, dont vous sortirez au moins en fredonnant 'Somewhere over the rainbow', mais pas vraiment optimiste, donc... à tenter si vous aimez les pièces un peu agressives et un peu destroy!
Au Public jusqu'au 25 avril.

28 février 2009

Au programme - janvier et février 2009

Un peu de retard pour mettre en ligne mes critiques de janvier/février, on dirait...
Pourtant ces 2 mois étaient assez 'légers', 2 pièces vues chaque mois...
Du coup je vous les regroupe en un billet.
Allons-y!

* Cendrillon, ce Macho! - Théâtre de la Toison d'Or

Alors, ce spectacle de Sébastien Ministru était vraiment un régal pour les fêtes de fin d'année!
J'avais vu une des dernières représentations, et même s'ils ont joué les prolongations jusque fin janvier, ce fut rapidement complet. Mais bonne nouvelle, il serait question d'une reprise en fin d'année 2009...
Donc, je vous en livre quelques mots.

Cendrillon ce macho, c'est une idée originale. Et si Cendrillon était un homme? Changeons les codes du conte de fées, prenons donc un prince charmant homo, qui pour plaire à son père organise un bal avec les belles du royaume (la marâtre de Cendrillon s'y rendant bien sûr avec ses deux... filles), mais tombe amoureux d'un Cendrillon. Bon, après, ça se complique un peu, il le retrouve grâce à sa chaussure, mais tout n'est pas si simple, quand même... Enfin, on peut s'attendre à un happy end, rassurez vous!
Voilà donc une version moderne, pleine de paillettes, de chansons, d'humour, de folie, d'énergie, d'un conte de fées connu. C'est aussi, l'air de rien, une ode à la tolérance et à l'ouverture d'esprit face à la différence, un texte un brin 'revendicateur', parce que le couples 'gay' sont des couples comme les autres.

Nathalie Uffner signe la mise en scène de ce spectacle haut en couleur, plein de rythme, et qui provoque fous rires à répétition et enthousiasme débordant dans le public! Un vrai moment d'allégresse!
Les comédiens sont excellents, 'Maman' ainsi que deux membres de son cabaret, Marla et Bruno, s'en sortent bien et ne se contentent pas de numéros de danse et play-back, mais campent la belle-mère et les demi-soeurs de Cendrillon avec humour et beaucoup de dérision et d'auto-dérision, avec quelques 'clins d'oeil' dans le texte (puisque forcément, les deux filles appellent leur mère "Maman"...)
Frédéric Nyssen est Cendrillon, plein de charme, plutôt mignon, un rôle de composition avec pas mal de nuances! Antoine Guillaume, Julie Duroisin et Jean-François Breuer sont aussi très bons dans les rôles respectivement du prince, de sa "conseillère" (je ne sais pas trop comment l'appeler, c'est un peu l'entremetteuse aussi puisqu'elle connait Cendrillon, elle est déjantée dans un rôle de vieille fille un peu en manque à force d'être entourée d'homos, elle est cocasse notamment dans un play-back de Lara Fabian!!), et de styliste du prince.
Mais la palme du délire revient sans conteste à Laurence Bibot, totalement hilarante, dans le rôle de la marraine alcoolique, défoncée à la cocaïne, organisatrice de partouzes. On est loin de l'image habituelle de la fée marraine! Mais Laurence Bibot est épatante, et irrésistible quand elle se lance dans du Amy Winehouse!

Bref, un spectacle réjouissant! Si vous l'avez raté en cette fin 2008/ ce début 2009, précipitez-vous s'il est repris fin 2009! (vous pouvez déjà contacter le TTO pour être tenus informés, à ce que m'a dit un ami!).
Le site du TTO, c'est ici!

* Faut pas payer! - Théâtre Le Public
Une pièce de Dario Fo, par la troupe de l'Eveil, mis en scène par Carlo Boso, voilà qui, après "Mort accidentelle d'un anarchiste" il y a quelques années, s'annonçait bien...
Alors, ce spectacle tient-il ses promesses?
Pour moi, sans aucun doute, oui!
D'ailleurs, ils l'ont prolongé, au Public, jusqu'au 13 mars au lieu du 7 initialement annoncé.
Plus d'info sur leur site et aussi sur le site du Théâtre de l'Eveil.

L'histoire? Une pièce... étonnamment d'actualité!
C'est la crise! Tout devient trop cher, les prix de la nourriture s'envolent, les salaires ne suivent pas, le chômage augmente, les entreprises licencient...
Alors, dans une cité ouvrière, les femmes se révoltent à leur façon. Elles décident d'acheter les aliments au supermarché en les payant le prix qui leur semble juste, voir, en ne payant rien!
Evidemment, la police les poursuit et vient perquisitionner. Antonia fait partie de ces ménagères révoltées. Seulement, elle doit cacher ce qu'elle a volé, non seulement à la police, mais aussi à son mari Giovanni, à cheval sur le respect de la loi. Alors, elle décide de profiter de sa voisine Margherita, et cache des aliments sous son manteau. Et boum! Les voilà obligées d'inventer une grossesse cachée, rapide, compliquée... à leurs époux respectifs, ainsi qu'aux deux flics rencontrés, l'un plutôt alter-modialiste, l'autre beaucoup plus rigoriste (et qui se ressemblent pas mal, en plus... Forcément, c'est le même comédien qui interprète plusieurs rôles!).
A partir de là, ce sont des quiproquos en série, des portes qui claquent, des retournements de situation, des mensonges, du vaudeville plein de rythme, entre traits d'esprits et gags burlesques.

Bref, cette pièce, malgré un côté 'dénonciateur' des dérives libérales (comme dirait Elio Di Rupo), malgré un contenu ancré à gauche, prend surtout le parti de rire de la crise. C'est avant tout une farce, un vrai délire! Actualisé par Dario Fo il y a quelques années, pimenté de quelques traits bien de chez nous (toute allusion à la situation belge, à Fortis,... ne serait évidemment pas fortuite!), le spectacle fait souvent mouche et on rit beaucoup. D'autant que la distribution, menée tambour battant par Guy Pion et Béatrix Ferauge qui campent le couple Giovanni / Antonia, s'en donne à coeur joie avec plein de peps et n'hésite pas à en remettre, sans tomber dans le surjeu!

Bref, un bon moment franchement rigolo et tout à fait d'actualité!

* Érasme et Pantagruel - Théâtre du Parc
Un spectacle assez intéressant, avec pas mal de jolies idées et d'originalité dans la mise en scène, mais un peu inégal quand même.
Ce texte est signé Jean-Claude Idée, inspiré évidemment des idées et oeuvres d'Érasme et de Rabelais, et le spectacle est mis en scène par l'auteur.
Il raconte la rencontre et la confrontation (imaginaire) entre Erasme et Rabelais, l'un vieillissant, l'autre bondissant, l'un maître, l'autre disciple, l'un déçu par l'autre, l'autre cherchant à démontrer que sous les scènes de débauches et de rire gras de son Pantagruel et de son Gargantua se cachent les idées humanistes d'Erasme, le rire en plus (car rire est le propre de l'homme).

Le spectacle développe donc des idées toujours d'actualité, des principes qui sonnent juste, sur l'importance de la connaissance, étudier et se connaître soi-même, sur la tolérance, l'absurdité de la guerre, les utopies...
La troupe, nombreuse, jongle avec les différents personnages, historiques dans la première partie (car on 'revoit' un peu l'histoire de l'époque, avec tous les grands personnages qui apparaissent ingénieusement de ci, de-là, dans le décor, et qui viennent se raconter), ensuite, personnages des romans de Rabelais, colorés, pour raconter l'histoire de ses géants, Gargantua et Pantagruel. En tête de distribution, on retrouve Jean-Philippe Altenloh (Erasme, j'allais écrire 'très ressemblant', en tout cas à l'image qu'on s'en fait, tout en rigueur un peu froide) et Michel Poncelet (Rabelais, en rondeurs et bonhommie).
Leur 'duo', entre confrontation et admiration, fonctionne bien! Tout comme le reste de la distribution, globalement à la hauteur!

Le décor mérite un bravo particulier car il est très ingénieux et admirablement utilisé au fil de la pièce. On démarre dans une grande et austère bibliothèque, qui se colore petit à petit, se "décore", révèle des niches et des trappes, et finalement, s'ouvre en deux pour nous plonger dans le monde de Gargantua, avant de se transformer en un vaisseau voguant sur les flots, vers l'Abbaye (imaginaire) de Thélème, à la règle tellement simple, "Fais ce que voudras" - pour ceux qui ne connaissent pas, j'ai trouvé ce lien intéressant -, pour un final plein d'entousiasme et d'utopie, qui fait rêver ceux qui adhèrent à ce genre d'idées (dont, j'avoue, je suis, et la description enthousiaste de cette utopie finale m'a embarquée!).

Alors, malheureusement il y a quelques longueurs, quelques lourdeurs, quelques passages dont on se serait sans doute passé... Mais dans l'ensemble, le spectacle est plutôt réussi!

* Yaacobi et Leidental - Rideau de Bruxelles
Euh... Alors... Quoi vous dire sur cette pièce?
Que c'est, parait-il, de l'humour juif. Bon, j'avoue ne pas avoir trouvé le fond très drôle, c'est plutôt noir comme pièce, enfin, ou bien j'ai pas tout compris, ou bien cette histoire d'amitié abandonnée et d'amour raté n'est quand même pas particulièrement comique...
Bref, autant le dire directement: je n'ai pas du tout accroché à ce spectacle mêlant performance théâtrale,  chants (un peu de tout, parfois blues, parfois avec un p'tit côté Kurt Weill / Opéra de Quat'sous ) et musique live (mais jouée d'une façon assez bizarre souvent, pas vraiment sur des instruments normaux!).
Je ne sais pas, j'ai trouvé ça franchement décousu, un peu sans queue ni tête, enfin... je ne suis pas du tout rentrée dedans, et c'est même difficile de vous expliquer exactement pourquoi...
Tentez-le si ça vous intéresse, et dites-moi ce que vous en avez pensé!

28 décembre 2008

Au programme - décembre 2008

Coucou tout le monde!

Eh oui, je sais, on est déjà mi-décembre et je n'ai encore parlé d'aucun spectacle pour ce mois sur ce blog...
Un peu de mal pour le moment moi... J'vous passe les détails et j'essaie de me rattraper aujourd'hui!

Alors, en ce mois de décembre, j'ai occupé tous mes samedis!

* L'affaire Lambert - Th Le Public, Bruxelles
Un spectacle très... étrange! Plutôt original et inattendu. Un peu décousu, un peu déjanté, de l'humour très très noir (un peu limite par moments!), surtout sur la fin... Pas tout à fait ma tasse de thé, autant certaines choses sont très drôles (des proverbes mis à une sauce digne de Kaamelott - oui je suis fan de cette série), les accents savoureux, l'exagération de mise, le jeu des acteurs plein d'engagement, autant par moments ça grippe, le fond de satire sociale est grinçant, le jeu des comédiens un peu inégal quand même...

Bref, à tenter, mais en sachant qu'il ne faut espérer ni lueur d'espoir ni happy end à cet OVNI (et que la salle des voûtes n'est pas la plus confortable du Public...)

* Sois Belge et tais-toi - Th St Michel, Etterbeek
Aaaaaaahhh... Sois belge... Une réussite, un renouvellement en plus...
Mais vous pensez quand même pas que je vais vous en parler comme ça, en bref, ici?
Allez, hop! Nouveau billet! :-)
(et je vous mets le lien direct ici au cas z'où!)

* Cuisine et dépendances - Centre Culturel, Uccle
Bon, ben, voilà, fallait bien une déception de l'année, hein...
Pas trop convaincue par cette pièce, je suis obligée de le reconnaitre. Je n'avais pas vu le film et ne suis pas une grande fan du duo Jaoui/Bacri, mais bon, comme j'avais lu que pour ce spectacle, la pièce avait été réadaptée et que c'était très drôle, je m'étais dit 'Allons-y'...

Bon, je crois que mon problème principal est que je n'ai pas accroché au texte ou à l'histoire, celle d'une soirée de réveillon entre amis qui tourne au vinaigre, et pendant laquelle tous les comptes se règlent en cuisine... OK, c'est sans doute un portrait sans concessions, un peu vitriolé, de ce genre de fêtes, mais... j'ai du mal à en rire franchement... Donc, voilà, c'est sans doute une sorte de parti pris de ma part, mais je suis pas rentrée dans la pièce.

Après, la mise en scène est pas mal même si classique, et les comédiens se démènent, Pascal Racan est brillant et m'aura fait rire! (même s'il est exactement là où on l'attend et qu'il n'y a donc pas de surprise dans son jeu, il met du coeur à l'ouvrage et distille de nombreuses mimiques, la scène où lui et Daniel Hanssens attaquent la bouteille d'eau de vie est hilarante, c'est un des morceaux qui m'ont permis de ne pas - trop- regretter ma soirée...)...

Bref, rien à redire de particulier, si vous aimez le style Jaoui-Bacri je pense que vous aimerez cette version belge, qui est sans doute un bon p'tit spectacle pépère pour les fêtes de fin d'année....

* Un jour j'irai à New York avec toi - Th Le Public, Bruxelles
Alors là, par contre... J'ai a-do-ré ce spectacle. Il reste apparemment quelques places pour le 31/12 (infos ici), et si vous avez l'occasion d'y aller, je vous recommande ce spectacle, écrit par Bruno Belvaux et Jean Lambert, interprété par Olivier Darimont et Elie Belvaux (le fils de l'auteur, 13 ans, extraordinaire!!)...
[Update]: reprise de la pièce du 27 février au 27 mars au théâtre royal de Namur!

C'est une histoire de famille, un père et son fils, le père séparé de sa femme, dragueur invétéré, ne pouvant vivre autrement qu'en couple (affecto-dépendant ça s'appelle), le fils qui voudrait que ses parents se remettent ensemble...
Ce face à face, alors que le père attend sa nouvelle conquête, a lieu autour d'un piano, car l'enfant joue de la musique, c'est un génie dit son papa, qui compte un peu sur lui pour amadouer la dame, tandis que le gamin, lui, voudrait retourner aux Etats-Unis (dernier voyage de la famille réunie...) et y gagner sa vie en jouant dans les bars...

Ce spectacle est d'une grande grande tendresse. C'est très drôle, avec un lot de vérités quand même, avec un fond pas forcément drôle, mais tourné d'une façon optimiste, justement grâce à la tendresse et à la complicité qui unissent ce 'couple' (de théâtre!) père-fils... De quoi se dire que même quand c'est difficile et qu'il y a des reproches et des tensions dans la famille, les liens restent, même si le ton monte, ils finissent toujours par s'étreindre...

Il y a de l'émotion, des fous rires surtout, des jeux avec le public, de la musique, du piano, des chansons, un peu de guitare pour conclure (forcément, cfr le titre du spectacle...). Et une belle connivence.
Alors ok, il y a quelques redites dans la mise en scène, et par moments, Olivier Darimont en fait un peu trop...
Mais l'ensemble est hyper agréable à savourer, une petite parenthèse de tendresse et d'humanité tout simplement, ça fait plaisir.
Et puis Elie Belvaux est étonnant, pour son jeune âge, il semble d'une grande maturité, joue avec un grand naturel, ça semble spontané. Et en plus il est bon musicien!

Bref, un chouette spectacle pour cette fin d'année!
(note: imaginez-vous qu'en sortant de la salle, y'avait une dame avec un micro et un cameraman, et que bien sûr, parmi les gens qui sortaient, c'est à moi qu'elle l'a tendu, son micro! Me demande quand même à qui et dans quel cadre j'ai donné mon avis sur cette pièce... Si quelqu'un a une idée!! :-) )

Bonnes soirées théâtre à vous,

Mary

30 novembre 2008

Au programme - novembre 2008

Coucou tout le monde!

Héhé, j'ai l'impression qu'avec des critiques plus brèves et regroupées, j'arrive à tenir mieux le rythme!
Et à écrire un petit mot sur les pièces que je vais voir.
Bon ok c'est moins complet qu'avant et ça manque d'images, mais bon...

Alors, on continue comme ça pour novembre! (ben ouais parce qu'en décembre mon petit doigt me dit qu'en plus d'une version brève pour les autres pièces, il y aura forcément un spectacle auquel je consacrerai un billet complet! :-) Hihi, on s'demande lequel, hein? )

* L'assassin habite au 21 - Théâtre des Galeries, Bruxelles

Un classique de la littérature policière, une adaptation du roman de Stanislas-André Steeman, une mise en scène de Claude Enuset..
Et une impression... mitigée. Je n'ai pas détesté, mais je n'ai pas adoré non plus.

Ca tient probablement pas mal à l'histoire... Moi qui suis une disciple de la grande Agatha :-), je trouve l'intrigue de "L'assassin habite au 21" un peu... creuse.
Si vous ne connaissez pas, je vous résume en quelques mots: des crimes en série dans le brouillard de Londres. Les victimes sont assommées à mort avec un sac rempli de sable, et dépouillées de leurs biens (argent, bijoux). Sur le cadavre, une signature, une carte de visite au nom de 'Mr Smith'.
Scotland Yard patauge, jusqu'à ce qu'un indic leur fournisse une information de premier choix: Mr Smith, l'assassin, habite au 21, Russell Square. Dans une pension de famille...

Donc, dans cette pension de famille, se cache un assassin... Mais... certes, l'intrigue est menée avec une certaine précision, et la fin est assez surprenante, mais ça manque de logique et de psychologie à mon goût. Pas vraiment d'indices à recouper, pas de personnalités des suspects à analyser... Une argumentation "un peu" légère pour justifier la découverte de la vérité par celui qui la comprend... Sans compter cette idée que je trouve légèrement machiste de ne même pas considérer les femmes comme suspectes... Non mais! C'est quoi ça, pas cap' de commettre des meurtres, le "sexe faible"?

Concernant la pièce elle-même... La mise en scène est précise, même si relativement classique (on est aux
Galeries, faut pas s'attendre non plus à du très contemporain ;-) ). Le décor est ingénieux, car séparé en 2 parties non égales, mais délimitées uniquement par l'éclairage: d'un côté, le bureau de l'inspecteur de Scotland Yard, de l'autre, la pension de famille (avec escaliers et étage pour jouer sur 2 niveaux). Et selon l'endroit où l'action se joue, l'un ou l'autre décor sort de l'ombre (ce qui n'empêche pas les comédiens de se déplacer dans l'autre décor). Une belle trouvaille et un effet réussi!

Mais... la pièce est un peu longue, un bon 2h, et parfois, je me suis ennuyée. Certains passages auraient gagné en concision, ou alors, il manquait un petit quelque chose pour faire prendre la sauce. La bande son (créée pour le spectacle par Laurent Beumier) est excellente et soutient plutôt bien la tension, mais par moment, je trouve que ça retombe. Ca manque un peu de rythme, de cohérence...
Et du côté des comédiens, c'est un peu pareil. Certains sont irréprochables, et réalisent une belle performance (je citerai en particulier Patrick Brüll, le commissaire de Scotland Yard, et Jean-Marc Delhausse, Mr Andreyew, l'un des habitants de la pension, sans oublier Alexandre Von Sivers en major retraité des Indes et Toni d'Antonio en prestidigitateur), d'autres sont en dessous (en tout cas quand j'ai vu la pièce, j'ai pas été convaincue par Fabrizio Rongione, qui joue le journaliste Ginger Lawson, je crois qu'il s'est un peu empatouillé dans son texte à la fin, j'ai pas tout compris...)
Puis, y'a quand même un truc qui m'agace aux Galeries, quand je lis dans le programme (interview du metteur en scène) : "pour que ces personnages gardent leur mystère et leur part d'inconnu, d'invisible, j'ai souhaité que le spectateur des Galeries soit surpris par de nouvelles têtes"... Dites, faut pas croire que les gens qui vont aux Galeries ne vont que là, quand même! D'accord, dans la distribution, y'a des comédiens que j'avais encore jamais vu, mais quand même...

Bref, vous l'avez compris, c'est une Mary mitigée qui est sortie des Galeries. Du bon, du moins bon...
Au final, dans le genre polar, je crois que j'avais préféré le "Garde à vue" du Public...
Mais si vous avez aimé le roman de S-A Steeman, je pense que vous aimerez la pièce des Galeries.

Pour plus d'infos : c'est ici!

* Où sont les hommes? - Théâtre de la Toison d'Or, Bruxelles

Ah là là... Quel dommage que j'ai vu l'avant-dernière représentation... Je ne peux que vous recommander... de croiser les doigts pour qu'il y ait à nouveau une reprise de ce spectacle, et d'y foncer!
C'est vraiment un très très chouette spectacle, plein d'humour, de vérités et de clichés, de clins d'oeil, d'auto-dérision et de dérision, d'énergie, de peps, de fous rire, de tendresse...

Si vous n'en avez pas entendu parler... ce spectacle, c'est un "examen entomologique de l'homme du 21ème siècle". En une série de saynètes et de sketches, avec comme fil conducteur, deux vieux amis qui se soulagent dans des urinoirs en replongeant dans leurs souvenirs, ce spectacle dresse un portrait-kaléidoscope de l'homme moderne. Et franchement, ben au fond, malgré tous ses défauts, on se dit qu'on l'aime quand même bien, cet homme moderne! :-)

Un spectacle pour tout le monde, donc, les femmes et les hommes. Ecrit avec finesse et intelligence, et également brillamment interprété par Nicolas Dubois et Patrice Mincke (qui est d'ailleurs plutôt très mignon, ce qui ne gâche rien!). Dans une mise en scène très dynamique et imaginative de Vincent Raoult.

De grands moments, des morceaux de bravoure, des scènes incroyables... en vrac, il y a cette scène du bar, avec retour en arrière puis traduction simultanée ("j'insiste!"), ce poème aux mimes très... euh... enfin moins romantiques que le texte, cette parodie extraordinaire des "hommes viennent de Mars et les femmes, de Venus", ces ouvriers de chantier à l'accent plus vrai que nature, ses étudiants en pleine guindaille.. ou cette scène plus émouvante où l'un des hommes règle ses comptes avec son père, mort...

Bref, un cocktail idéal pour s'amuser, avec en plus, du fond et de la forme!
Vraiment, vivement une nouvelle reprise!

* Un Faust - Théâtre Jean Vilar, LLN

Voilà une pièce que j'étais curieuse de voir... Sur papier ça s'annonçait bien, de bons acteurs, un thème complexe...
Pourtant... au final, je l'avoue, cette pièce m'est plutôt passée au-dessus...

C'est vrai que la mise en scène de Lorent Wanson est originale, avec sa distanciation, les coulisses sur scène (enfin des tringles de vêtements en fond), les comédiens qui se baladent déjà sur scène pendant que les spectateurs s'installent, le piano, les passages avec micro, la scénographie et le décor de câbles, morceaux de bois, draps, qui bougent et se déplacent, formant différents espaces scéniques... ou encore, le passage où Marguerite charme Faust et où la comédienne est filmée et son image, projetée en grand sur le drap-décor...
Encore plus original, il y a même un chien parmi les comédiens, eh oui, qui joue dans le début de la pièce!

Mais... au milieu de tous ces fils, moi, je me suis perdue. Au milieu des méandres d'une histoire et des réflexions, je n'ai plus rien compris. Au milieu des flous, des ellipses et des digressions, j'ai perdu le message.
Ce Faust moderne (Christian Crahay), un Faust parmi d'autres, qu'un Méphisto (Jean-Marie Pétiniot) va tenter de corrompre, en envoyant la jeune Marguerite (Edwige Baily) le séduire et le perdre. Ce Faust va succomber, préférant l'amour à la lutte des classes, préférant le plaisir charnel avec cette jeune femme à sa vie de combat et d'engagements, malgré les tentatives de ses 'parents' (à tout le moins adoptifs si j'ai compris), Baucis (Anne-Marie Loop) et Philémon (Guy Pion). Mais jusqu'où ira-t-il, jusqu'où sont-ils prêts à aller, l'un et l'autre...?

Le texte de Jean Louvet, parfois drôle, parfois cru, souvent flou, parle notamment du choix, et de ce qu'on ressent quand, ayant dépassé la moitié de sa vie, on constate qu'on s'est donné pour des causes, qu'on s'est battu pour ce qu'on croyait juste, et qu'on s'est oublié, qu'on a laissé passer l'amour...
C'est un thème, sans doute pas le seul, mais au moins un que j'ai saisi...
Pour le reste, j'ai l'impression d'être passée à travers sans vraiment accrocher. Au milieu de ce labyrinthe de réflexions, je me suis noyée...

Dommage!

* Amour, amour - Théâtre Blocry, LLN

Alors ce spectacle-ci, par contre, je vous le recommande très chaleureusement!
Il ne vous reste que quelques jours, car il se joue seulement jusqu'au 4 décembre au Blocry à Louvain-la-Neuve. Donc, pour plus d'infos, utilisez ce lien.

"Amour, Amour", c'est un spectacle très frais, très humain, très mignon, très attendrissant, bref, un spectacle qui fait du bien à l'âme.
4 enfants (interprétés avec un grand grand talent, une justesse extraordinaire et une vraie crédibilité par 4 comédiens formidables: Catherine Decrolier, Hervé Guerrisi, Cachou Kirsch et Pierre Poucet):
- Tino, dont le papa est au chômage parce qu'il n'y a plus assez de morts à enterrer, dont la maman a pris un faux-mari, et qui aime tant sa petite soeur... mais juste elle, autrement il veut buter tout le monde avec son super rayon de la mort, et faire un casse au Prix Magique, et faire une association pour les pauvres, et... Mélange de violence, de force et de failles...
- Paula, la fille du marchand de ferrailles, qui vit dans un wagon, n'a pas de baignoire, alors elle sent mauvais. Et qui a perdu sa petite soeur. Fière, farouche, fragile, solitaire...
- Hughes, le gosse de riches (mais pas si riches que ça parce que ce que gagnent ses parents, c'est pas pour eux, c'est pour le ministre des finances!!), mère avocate, père médecin, qui a une maladie qui l'empêche de manger des desserts et lui fait avoir des syncopes (mais il ne meurt pas à chaque fois)... Qui est amoureux de Madame aussi... Et qui fait des expériences avec Socrate, son hamster :"Quand on regarde une personne qu'on aime, ça donne du goût à la carotte". Différent, un peu coincé, seul
- Lily, enfin, est la fille de la coiffeuse, miss La Redoute car elle y achète ses très nombreuses tenues. Elle rêve d'avoir un mari riche, comme ça elle pourra se faire opérer pour faire disparaitre ses grosses cuisses et son gros derrière. Complexée, à fleur de peau... seule.

Une journée d'école. Une journée ordinaire ou presque, veille de congé, 31 octobre. Demain c'est la Toussaint.
La vie, tout simplement, vue à travers les yeux de 4 gosses de 9 ans un peu paumés. La cruauté des cours de récré. Les leçons de Madame aussi (en voix off, Cécile Van Snick, qui signe aussi la superbe mise en scène de ce spectacle). La vie, l'amour, la mort. "Ce serait facile d'aimer, s'il n'y avait pas les autres".
Les disputes, les amitiés qui se nouent ("Faudrait pouvoir faire un mariage pour devenir frère et soeur"), le chantage, l'amour peut-être, découvert tout doucement en bout d'enfance...
L'avenir, l'enthousiasme, les colères, les secrets...
L'argent, les vêtements, le regard des autres...
Les rêves, les jeux, les vérités qui font mal, l'imaginaire, une plume...
La vie, tout simplement.

A voir vraiment, car tout est réussi: le texte (de Jacques Henrard) est juste, amusant par ce regard enfantin qui plonge dans les souvenirs et qu'on devrait parfois garder, plus profond qu'il n'y parait; la mise en scène qui donne une vie intense à tous ces moments; les comédiens qui se fondent dans ces personnages avec brio!

Bon mois de novembre théâtral à vous!

Mary

30 octobre 2008

Au programme - octobre 2008

Bon, ben ça marche pas trop mal finalement ce système...
Allez, je continue avec un mois d'octobre hyper-chargé!!!!

* L'arbre de joie - théâtre Jean Vilar, LLN

Extraordinaire! Une pièce magnifique, lumineuse, qui offre une large gamme d'émotions. Des questions profondes, du cynisme un peu, de l'humanité beaucoup, de l'apitoiement ou du mélo, jamais!
Des comédiens excellents, toujours justes. Un décor surprenant et multiple.
Dommage, j'ai vu la dernière. Il me reste à espérer une reprise pour vous la conseiller. Mais j'y consacrerai quand même un billet complet, si j'ai le temps, car c'est un vrai coup de coeur! Ah, ce que j'aime le théâtre quand il transmet des émotions!

* L'Aiglon - Théâtre du Parc, Bruxelles

Pas mal! Les comédiens sont bons, heureusement, car c'est une pièce d'Edmond Rostand (et pas de Cyrano de Bergerac comme j'ai failli le dire à un moment, je suis un peu distraite parfois...)... donc, en vers. Et comme la pièce dure environ 2h50 (sans compter l'entracte), ben c'est quand même un peu long!

Mais le jeune Julien Vargas, qui interprète le rôle titre, ce François, Roi de Rome, fils de Napoléon Bonaparte, devenu Franz, Duc de Reichstadt, est franchement épatant! Bon, je ne dirais quand même pas qu'il est parfait, mais il mérite l'ovation reçue à la fin, car il porte ce rôle avec brio.
Enfin, c'est vrai que moi, le côté jeune héros romantique plein de fougue, tour à tour exalté, fiévreux, découragé, voire un peu misérable et apitoyé sur son sort et son incapacité à être digne de son père et à devenir à son tour empereur, ce n'est pas le genre de personnage qui me touche le plus. Mais il est très crédible, et s'en sort très bien avec le texte, on ne ressent que très très rarement l'aspect un peu lourd et classique des vers trop scandés! 

A côté de lui, Yves Claessens est extraordinaire en ancien grognard prêt à participer au complot qui ramènera l'Aiglon sur le trône impérial. Mélange de comique, d'honneur et de bravoure, il est absolument génial!
Epinglons aussi Jean-Claude Frison en froid et implacable Metternich (qui garde le jeune Franz dans la résidence de Schönbrunn), Jean-Paul Dermont en empereur autrichien, grand-père de Franz, implacable lui aussi (et quelle présence!), Chloé Xhauflaire (l'archiduchesse) et Micheline Tziamalis (la Comtesse Camerata) en comploteuses / soutiens du Duc, un peu amoureuses aussi...

Enfin, comme toujours au Parc, les décors sont magnifiques, les costumes, somptueux!
Et l'ensemble bien mis en scène. Bref, à voir si vous appréciez ce genre de pièce historico-romantique, et que vous n'avez pas peur de la longueur du spectacle!
http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2008_2009_001


* Le Cid, Aula Magna, LLN

Peut-être que 2 'classiques' d'affilée c'était trop ?
Sans aucun doute, les vers de Corneille sont moins fluides, moins modernes que ceux de Rostand?
Mouais...
N'empêche que j'ai pas du tout accroché à ce Cid, présenté par une troupe française à Louvain La Neuve.

Rien à voir avec le fait que la troupe était française a priori (pas de grande vedette qui se la joue, promis, je vous ressortirai pas mon couplet sur le sujet ;-) )!
Par contre, bon, j'imagine que le texte se prête peu à la modernisation, mais quand même!
La mise en scène et le jeu étaient beaucoup trop classiques pour moi! Trop lourd, trop lent, trop plein d'emphase, de lamentations, avec des vers beaucoup trop scandés... Sincèrement, quand vous avez envie de mettre 2 claques à Chimène en lui disant d'arrêter de pleurnicher et de se décider...

Bon, ok, ça doit être mon côté féministe. Mais j'avais jamais réalisé à quel point c'était n'importe quoi, l'intrigue du Cid! J'avais vu (je vous en avais parlé d'ailleurs) une excellente version très raccourcie du Cid All' Improviso, et au fond, ils avaient raison quand ils disaient (je me rappelle plus des termes exacts) : Chimène aime Rodrigue, Rodrigue aime Chimène. Avec ça, Corneille s'est dit qu'il ne ferait jamais 2 heures d'hisoire, alors, il a compliqué les choses... 
Eh bien, c'est vraiment ça!
Pourquoi en faire une quasi tragédie dans le jeu? Mis à part le Prince qui a un moment se 'moque' gentiment, par ses mimiques, de Chimène et de ses indécisions et ses plaintes...
Bon, sinon, par associations d'idées, y'a des passages qui m'ont fait sourire... Allez savoir, en sortant, j'avais en tête "Toi et moi contre le monde entier"... On se demande, hein?! :-)

Bref... pas ma tasse de thé le classique du 17ème? Ca dépend. C'est vrai que j'avais vu une version de "Phèdre", il y a des années, qui m'avait pas emballée du tout (pourtant c'était moderne, mais trop violent et ça gueulait trop!)...
Par contre, j'avais adoré 'Le Misanthrope' avec la troupe de l'Eveil et une mise en scène de Michel Kacenelenbogen. Pourtant croyez-moi ça peut être très chiant le Misanthrope (surtout à apprendre...)
Enfin, ce Cid ne restera donc pas dans les annales de mon année théâtrale!


* Hughie - théâtre Jean Vilar, LLN

Bon alors... Que vous dire de cette pièce courte, de Eugène O'Neill, que j'ai vue au Jean Vilar, interprétée par Laurent Terzieff (qui signait aussi la mise en scène) et Claude Aufaure?
Pas facile, parce que j'aurais du mal de vous la raconter... C'est essentiellement un monologue, entrecoupé de vagues réponses, d'apartés/pensées et d'interventions d'une voix off. Le croisement de deux solitudes, deux êtres paumés, l'un qui veut se croire vivant, l'autre qui veut vivre par procuration?

En tout cas, la pièce se déroule dans un temps court (2 heures pour l'histoire, eh oui le temps ne passe pas à une vitesse normale au théâtre), à la réception d'un hôtel un peu miteux de Manhattan, au milieu de la nuit. Le réceptionniste sommeille, quand entre un client "à l'année", Erié Smith. Il s'est pris une cuite pour l'enterrement de Hughie, l'ancien réceptionniste, qui était aussi son confident, le témoin de ses histoires. Alors ce soir, il a envie de parler et de se raconter à son nouveau public... Raconter ses souvenirs, ses aventures, dans le monde du jeu et des paris... Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est inventé, exagéré, romancé? Erié vit-il à travers ses histoires? Et le nouveau gardien de nuit, n'a-t-il pas envie de tout croire, même s'il a mal aux pieds? Besoin de rêve et d'aventures par procuration?

Je ne vous dirai pas si les histoires d'Erié sont vraies ou fausses, je ne vous raconterai pas la fin (même si la pièce ne se joue plus à LLN)... Je vous dirai juste que la mise en scène était bien faite, avec un joli décor, une grande horloge qui tourne plus vite que le temps, et de très belles lumières. Et que les comédiens, Laurent Terzieff (Erié) par ses intonations, son jeu, sa manière d'occuper l'espace, et Claude Aufaure (le nouveau veilleur de nuit, Charlie) par ses mimiques souvent silencieuses, sont très bons.

Bref, une pièce qui passe bien, même si elle ne restera pas parmi celles qui m'ont le plus marquée cette année!

Et un concert de Noa en prime, le 22 octobre au Cirque Royal!
Là j'avais pas prévu d'en faire une critique, mais je vous dirai quand même, en deux mots, que ce fut génial, un mélange superbement dosé de modernité et de tradition, à l'image de son dernier album Jeans & Genes. Toujours cette énergie aux percussions, ce rythme inné dans le chant, cette impression de facilité déconcertante, comme si chanter et respirer étaient deux choses identiques pour Noa... Et puis cette voix, pure, magique, envoûtante, qui vous file la chair de poule sur des morceaux chargés en émotions comme "Follow your heart" ou "The eyes of love"...

Extraordinaire! J'adore cette artiste! En plus elle est super, elle répond toujours un petit mot gentil quand on la contacte par son site pour la remercier du concert (enfin en tout cas je l'ai fait 3 fois - oui j'aime bien dire merci aux artistes qui me procurent des p'tits moments de bonheur!- et j'ai chaque fois eu une réponse!)


Belles découvertes théâtrales à vous!

Mary

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14 septembre 2008

Au programme - septembre 2008

Coucou tout le monde!

Bon, ben je sais pas si vous avez remarqué, la saison passée, j'ai eu un peu de mal à tenir à jour ce blog...
Puisque l'intérêt d'une critique, à mon sens, c'est de la poster tant que la pièce se joue, sinon c'est moins utile (ou il faut attendre les reprises).

Donc, pour attaquer cette saison 2008-2009, je vais changer de tactique.
Ce que j'ai envie de faire, c'est un billet par mois reprenant les pièces et spectacles que j'irai voir sur le mois (ça va vous faire peur, je suis un peu déraisonnable sur la quantité... enfin certains mois surtout... en particulier quand je vois le boulot qui s'accumule et les responsabilités... mais bon, tant pis, les abonnements sont pris, alors...).
Bref, en début de mois, je posterai donc la liste de ce que j'ai dans mon planning théâtre du mois.
Et, après avoir vu chaque pièce, j'ajouterai quelques mots de commentaires sur le spectacle en question.
Si j'ai le temps et que j'ai beaucoup de choses à dire, je ferai un billet à part (et un lien entre le 'sommaire du mois' et le billet en question).

Kék'vouzendites? :-)

On essaie pour septembre?

* Sur Parole - dans le cadre de "Jours de fête" au Rideau de Bruxelles
En fait, il s'agissait d'une création encadrée par Frédéric Dussenne, et réalisée par des étudiants de 3ème année de sa classe au Conservatoire de Mons. La création datait d'ailleurs de juin, et puisque c'était aussi un travail pour eux, F. Dussenne avait insisté sur le fait qu'il leur avait demandé des performances.
Le spectacle était une réflexion sur le théâtre et l'importance de la Parole, basée sur le texte de "l'épître aux jeunes acteurs pour que soit rendue la parole à la parole", d'Olivier Py. En plus de ce texte, des extraits de l'"Orestie" d'Eschyle, et d'autres éléments, mimes, chansons, rap, slogans publicitaires...
Un résultat peut-être un peu long et avec quelques répétitions, mais cohérent (et là, chapeau, parce que ça aurait franchement pu être décousu), et de très belles performances de ces 12 jeunes apprentis-comédiens! Ils ont déjà un très bon niveau, alors qu'ils ne sont même pas encore en dernière année. Et surtout, ils débordent d'énergie et d'enthousiasme, ils se donnent à fond et sans compter avec une grande sincérité.
Rien que pour ça, ce fut un plaisir d'assister à ce spectacle! 

* La Molière (ou Madeleine B) - Th. Blocry, Louvain la Neuve

Apparemment, le titre, c'était plutôt Madeleine B. ou la lune rousse...
Un texte assez iconoclaste, qui présente un Molière bien moins sympathique que les biographies qu'on a l'habitude de voir à l'école. Un Molière ambitieux, un brin macho, qui fait belle-belle aux puissants pour réussir... Elle casse le mythe, cette Madeleine Béjart, quand elle parle de l'homme qu'elle a aimé et qu'elle aime toujours, malgré tout.
S'il y a donc des choses assez intéressantes dans le texte (entre un certain féminisme et des aspects plus historiques sur la société française de l'époque), je n'ai pas vraiment accroché à ce spectacle, dont j'ai trouvé la mise en scène trop classique. Frédérique Tirmont est certainement une bonne comédienne, mais j'ai trouvé son jeu trop "théâtral", avec une respiration un peu trop 'tragédienne'. J'aurais aimé que ce soit iconoclaste jusqu'au bout...

* Hygiène de l'assassin - Th. Le Public - Bruxelles

Un grand, un très très grand rôle de Daniel Hanssens. Rien que pour ça, allez voir cette pièce, elle en vaut la peine!
Après, Amélie Nothomb, on aime ou on n'aime pas. J'avoue que je ne suis pas une immense fan. Et que certaines choses dans le texte de la pièce sont 'choquantes'. Même si c'est volontaire, je ne vois pas trop l'utilité... En fait, j'ai trouvé l'"histoire", le fond des argumentations, un peu trop tirés par les cheveux.
Mais c'est pas grave! Le texte est brillant dans sa précision et dans le cynisme des échanges. La mise en scène est impeccablement glauque (c'est bien accentué par le décor) et froidement drôle dans le jeu des acteurs.
Les comédiens sont très bons, Daniel Hanssens, dans le rôle principal de Pretextat Tach, écrivain en phase terminale, est grandiose. Même sa voix est méconnaissable. Il réalise dans cette pièce une grande performance d'acteur. Et même s'il est aussi très bon pour jouer les abrutis et nous faire rire, ça fait plaisir de le voir dans un autre registre, et de mesurer toute l'étendue de son talent! (dont on ne doutait pas!)
Je le répète, au moins pour ça, allez voir "Hygiène de l'assassin" au Public! (plus d'infos ici)

Bonnes soirées, bonnes découvertes à vous

Mary

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