Derrière les rideaux, la scène (ou l'écran)

Vision subjective mais passionnée de ce qui se joue dans le plat pays qui est le nôtre. Critiques, coups de coeur (souvent) et de gueule (rarement) de Mary (grande "hanteuse" de salles de théâtre) et Peter (assidu des salles obscures) Commentaires welcom

13 septembre 2009

Miaou!

C'est la rentrée!

Alors en guise de reprise, je suis allée voir une pièce légère au
théâtre royal des Galeries à Bruxelles ...
Ca s'appelle
"Chat et souris", et c'est une pièce de Ray Cooney, célébrissime auteur anglais de pièces de Boulevard, enfin, je ne sais pas quelle est la dénomination exacte et actuelle, mais bon vous voyez ce que je veux dire, non?

Derrière ce titre, rien d'animalier pourtant!
D'ailleurs vous pourriez lire plutôt (mais non pas le chien de Mickey!) "t'chat" que chat, bref, discussion sur le net pour le dire en français! Et la souris, c'est plutôt celle qui va avec le clavier pour utiliser un ordinateur!

Car l'histoire est très moderne! (Ou comment les nouvelles technologies modifient le triangle mari-femme-maîtresse et le font voler en éclats)...
Jean Martin (un nom très courant...) mène une double vie depuis plus de 16 ans. Il est chauffeur de taxi, marié à Mathilde et père d'Alix, 15 ans, vivant à Montreuil... Mais il est aussi marié à Charlotte et père de Guillaume, 16 ans, vivant à Ivry.
Seulement voilà, le grain de sable qui va menacer cette belle vie de mensonge, c'est le net... Lorsque, sur Facebook, Alix et Guillaume se 'rencontrent' virtuellement, et, face à la coïncidence d'avoir un père qui a le même nom et la même profession, décident en toute naïveté de se rencontrer.
Commence alors pour le pauvre Jean un marathon, afin d'éviter que les enfants se croisent. Aidé de son ami et locataire (à Montreuil), Gilbert Jardinier, le voilà parti dans une suite infernale de mensonges plus énormes les uns que les autres, de stratagèmes, des coups de fils en douce, et d'enfermement à clé dans une pièce ou l'autre lorsque ça devient trop critique!
Et pour couronner le tout, le père Gilbert, qui n'a plus toute sa tête, débarque à Montreuil car son fils devait l'emmener en vacances à Knokke-le-Zoute...

Bref, vous l'avez compris, pas de surprise à attendre de cette pièce, ni beaucoup de finesse. C'est une franche comédie dans la plus pure tradition du genre, avec quiproquos, portes qui claquent, crises d'hystérie, mensonges rocambolesques, silences ennuyés suivis d'un "il va t'expliquer", vent de folie, déguisements et cascades derrière le canapé pour ne pas être vu,... Pas un ingrédient qui manque!

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Bon, moi, c'est pas complètement mon truc ce genre de pièce, parce que ça manque justement de cet imprévu qui me fait rire... Mais il n'empêche que "Chat et souris" est une pièce très efficace, avec des moments d'anthologie (notamment une espère ce 'nage' avec masque et tuba au travers de la scène, juste avant l'entracte!), et des dialogues parfois très drôles, et quelques répliques insolites qui font mouche! Bref, on passe un bon moment!
Et les deux comédiens principaux, Pascal Racan (Jean Martin) et Michel Poncelet (Gilbert Jardinier), sont pour beaucoup dans le moment d'agréable détente qu'on passe aux Galeries! Leur talent comique n'est plus  à souligner, mais ils excellent, Pascal Racan qui s'enfonce dans ses mensonges mais ne veut pas rendre les armes, Michel Poncelet avec un personnage qui se révèle plus doué qu'on ne s'y attend et a beaucoup d'imagination et une certaine efficacité! Leurs mimiques à tous les deux sont impayables, et provoquent le rire. Chapeau!

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Pour le reste, c'est un peu trop bruyant pour moi! Beaucoup de cris, et trop de portes qui claquent!
Des incohérences comme souvent dans ce genre d'histoire aussi, une fin assez... tirée par les cheveux (on a toujours l'impression que l'auteur, à un moment, s'est tellement emberlificoté dans sa toile de mensonges, qu'il tire un fil pour clôturer d'une façon ou d'une autre, et tant pis si c'est pas vraiment crédible!)...
Enfin, je ne dis pas que c'est inattendu comme fin, par contre, mais bon... J'ai un peu eu l'impression d'un soufflé qui retombe. Au début, la pièce est bourrée de rythme, de répliques qui fusent, et petit à petit, ça s'épuise, ça tourne en rond, et ça retombe un peu. Je ne pense pas que ça vienne des comédiens, peut-être la mise en scène un peu, sans doute l'histoire et le texte surtout!
Ah oui, je m'en voudrais de ne pas citer Jean-Paul Dermont dans le rôle du papy, un peu déglingué mais bon pied, bon oeil... Sa performance apporte fraîcheur et humour à une 2ème partie un brin moins réussie selon moi!

Côté mise en scène, Bernard Lefrancq déclare dans le programme qu'une pièce de Ray Cooney, et celle-ci en particulier, ne laisse pas beaucoup de place et de liberté pour le metteur en scène, tant c'est une partition complète et complexe, dont on ne peut s'écarter sous peine de nuire à la pièce.
Une chose pourtant à signaler, assez originale et perturbante au départ : la scène représente les 2 appartements (Ivry et Montreuil) à la fois. Comprenez bien, il n'y a pas 2 espaces séparés, mais un seul espace qui représente tantôt une maison, tantôt l'autre, et parfois les deux en même temps!
Ca donne forcément des moments bizarres, où des gens se "croisent" mais ne se voient pas puisqu'ils ne sont pas dans la même maison, en fait... Ca permet des effet, des dialogues en échos dans une famille et l'autre...
La difficulté pour le metteur en scène est donc que le spectateur ne se perde pas et sache toujours qui est où... Défi relevé selon moi, j'ai bien suivi, sans avoir besoin d'un effort d'attention ou de concentration!

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En résumé, "Chat et souris" est une pièce drôle et légère, qui ne vole pas très haut mais fait du bien pour se détendre, une soirée où on n'a pas trop envie de réfléchir!
Et Pascal Racan et Michel Poncelet valent, par leur jeu, le déplacement!
A voir aux Galeries jusqu'au 4 octobre, plus d'infos ici. (les photos viennent de ce site)

Mary

31 juillet 2009

Un forum sur le théâtre

Hello!

En attendant de trouver le temps de vous parler de "L'Avare", le spectacle de Villers-La-Ville de cet été [ndla post - billet : voilà, pas eu le temps... du coup, un avis en quelques mots sur ce spectacle sont en commentaire de ce billet... C'est toujours ça!] ...
je vous fais partager un forum qui vient d'être créé (pour une fois, je suis tombée sur un forum où y'a pas 3 ans d'historique à lire quand on s'inscrit!) et qui est consacré au théâtre!

Théâtre-Hall

Encore à ses débuts, et plutôt centré sur la France (et même le sud de la France pour les sujets actuellement présents dessus) il ne demande qu'à grandir et s'étoffer! (et parler de spectacles dans d'autres régions/pays aussi!)

Alors, je compte sur vous pour vous y inscrire et y participer ?

Mary

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30 juin 2009

Fin de saison

Coucou tout le monde!

Pas beaucoup de news ici ces derniers temps je sais...

Mais les mois d'avril, mai et juin furent très calmes....
3 pièces vues, mais pas de coup de coeur particulier, même si 2 sur les 3 étaient franchement pas mal du tout!

En quelques lignes:
* Le cercle des amis de la chanson d'amour, au Public:
J'étais curieuse de découvrir le concept, j'ai été un peu déçue. Il y a des idées, mais bon, ça tourne pas mal en rond quand même... Quelques moments intéressants, des idées sympa, les morceaux chantés sont pas mal, mais... c'est trop agité, limite agaçant parfois.
Et la technique pour faire écrire un quatrain au public c'est quand même bof: faut déjà proposer un vers de 8 pieds (et c'est plus difficile que 12 je trouve!), et à partir de rien... Pour moi ils auraient dû animer plus cette partie là, proposer des mots de départ, des thèmes, croiser les idées...
(quoi, c'est l'animatrice de brainstorming en moi qui réagit, là, non?)
Bref... Pas plus convaincue que ça!

* Le piano de Staline, au Parc:
Finalement, les thèmes russes, c'est aussi un peu lourd à mon goût... Donc, seul bémol, la pièce est un peu longuette, ou il y a des passages un peu longuets, je sais pas...
MAIS... Les comédiens sont excellents. Donc ça passe, et ça passe même finalement très bien!
En même temps, c'est pas étonnant, avec une telle distribution: Jean-Marie Pétiniot (Staline), Jean-Claude Frison (Chostakovitch), Alexandre von Sivers (Prokofiev) et Jacques Viala (Jdanov)

Le jeu et la mise en scène sont assez épatants car ils rendent certains passages extrêmement tendus, malsains presque... le côté manipulateur de Staline, cette manière faussement douce d'écraser les 2 compositeurs, de les torturer mentalement... Un passage où il casse les disques de Prokofiev est particulièrement intense en émotions!
A côté de ça il y a des moments légers, extrêmement drôles (dans la 2ème partie, lorsqu'ils essaient de composer un morceau, c'est cocasse!!!!), qui équilibrent... Mais on en ressort avec un léger malaise, face à cette personnalité complexe de Staline...
Assez bluffant!

* Dom Juan, au Public:
Un classique, du Molière... A priori pas trop ma tasse de thé, mais Dom Juan, ce n'est quand même pas la pièce la plus caractéristique du style Molière, et l'ayant lue à l'école, j'étais curieuse de la découvrir!
Et ... ça m'a beaucoup plus! La pièce fonctionne très bien, avec de l'humour, de la séduction, de la légèreté, de la tragédie, du fantastique qui fait peur (oui j'exagère, mais les passages avec le commandeur et dans la forêt sont... inattendus dans la forme, et je trouve, bien réussis pour l'ambiance!)
Et puis le duo Dom Juan / Sganarelle (Serge Demoulin / Olivier Massart) fonctionne très très bien!
La pièce vaut certainement d'être vue, au moins pour ce duo, et puis le reste de la distribution qui tient bien la route aussi!

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29 mars 2009

Au programme - mars 2009

Programme théâtral à nouveau chargé en mars, enfin surtout comparé à janvier et février...
Avec une reprise, et une sortie euh... avant-première (à Paris en plus!), mais qui n'a rien à voir avec le théâtre, donc, dont je ne vous parlerai pas ici!  :-)
Mais par contre, je vous en parle sur l'autre blog... compte-rendu complet de la "Nuit" Kaamelott (mais séance de 11h) au Grand Rex ici

* Sois belge et tais-toi
Eh oui, je suis donc retournée voir le spectacle le 5 mars à Auderghem!
Toujours aussi "au top", rien à redire, c'est même encore mieux qu'en décembre, sans doute des comédiens plus à l'aise avec le texte et la mise en scène donc se lâchant plus! (et, non, je ne trouve pas que ce soit de la déconcentration sur le rythme, c'est bien aussi le grain de folie et les fous rires impromptus!!).

A vous signaler aussi : le DVD est déjà sorti cette année! Eh oui, avant la fin de la tournée!
Avec le spectacle apparemment en version intégrale, et quelques petits bonus 'coulisses'...
Je l'ai déjà acheté, mais je ne le regarderai pas tout de suite (faut pas abuser des bonnes choses), donc, 'review' du DVD avec print screens pour plus tard!
Mais en attendant, si vous avez raté le spectacle... il vous reste 2 dates de rattrapage en mai (le 4 à Woluwé, le 5 à Gilly), ou alors, à commander le DVD!

* Texto, au Théâtre de la Toison d'Or
Alors là... gros, gros coup de coeur!
OK, c'est tout à fait dans la veine des spectacles que j'aime, ceux auxquels j'accroche... Donc forcément j'ai adoré et passé une soirée excellente. Mais objectivement, je crois que ce spectacle qui part de cette question : "c'est quoi, être juif?" et qui questionne l'être humain bien au-delà de la religion, quelle qu'elle soit, ce spectacle, donc, a beaucoup d'atouts!

Difficile de vous résumer cette pièce d'Albert Maizel, d'autant que l'intrigue repose aussi sur un certain suspense !
Alors, en quelques lignes, au début de la pièce, dans son appart, il y a Michel, un avocat. Juif, puisque c'est d'être juif qu'il est apparemment question dans la pièce. Il commence une drôle de journée, sous pression, pendu au téléphone, entre sa femme qui lui annonce qu'il risque bien d'être élu 'personnalité juive belge francophone de l'année', son fiston qui découvre les p'tites copines, un client qui le félicite d'une initiative de son confrère, un autre qui veut le quitter à cause de cette même initiative...
Et Serge, le fameux confrère, qui n'est pas joignable... Et puis débarque Michel, un autre Michel, le 3ème larron qui avait fondé le cabinet, 3 anciens potes inséparables autrefois... Michel, parti au fin fond du Caucase s'occuper de réfugiés, pas revu depuis plus de 6 mois... qui déboule en tenu folklorique chez le premier Michel, pour lui rappeler une promesse: ce week end, les 3 amis devaient aller marcher dans le Mercantour. Serge serait déjà sur la route, à en croire les textos reçus par Michel sur cet étrange téléphone portable...
Mais quelle est donc la 'mission' réelle de Michel, que vient-il faire chez son ancien ami, que sait-il exactement de... ? Pourquoi pose-t-il tant de questions à Michel sur le sens de sa vie, sur ce que c'est pour lui d'être juif...?

Eh oui, derrière cette intrigante histoire, il y a des questions et des réponses. Seulement, peut-être que les réponses fournies dans la pièce ne correspondent pas aux questions posées... Peut-être que certaines resteront ouvertes, sans réponse, parce qu'après tout ne dit-on pas qu'un juif, quand on lui pose une question, répond par une question?

Ce qui est sûr, c'est que dans cette pièce, il y a quand même énormément d'humour, bien mis en avant dans la mise en scène d'Alexis Goslain, et qu'on rit beaucoup!
Et aussi, et surtout, qu'il y a deux comédiens qui se font face avec énormément de talent, qui s'amusent avec ces personnages, qu'ils campent de façon totalement convaincante : Itzik Elbaz, exceptionnel, décidément capable de tout jouer, à mille lieues des rôles dans lesquels j'ai déjà ppu le voir, il est le premier Michel, l'avocat qui a oublié un peu le sens de sa vie, et il est juste incroyable, par moments cocasse, avec un côté un peu 'Michel Boujenah' en moins exagéré, par moments dépassé et paumé, sentant bien qu'il y a des trucs qui lui échappent...
En face, Jean-François Rossion est plus posé, avec un côté doux et rassurant dans le sourire, mais mystérieux à souhait quand il le faut...

En conclusion, je ne peux que vous encourager à aller voir cette pièce, très drôle, avec pas mal de profondeur, des fous rires, des questionnements, et deux acteurs épatants!
A voir au TTO jusque fin mars!

* Les grandes occasions, Théâtre du Parc
Du théâtre américain contemporain... un p'tit côté "Tennessee Williams" pour cette pièce de Bernard Slade, présentée au Parc dans une 'traduction'/adaptation de Danièle Thompson, ce qui donne de chouettes dialogues plutôt bien envoyés!

L'histoire? Il s'agit d'un couple, Emilie et Antoine. Mariés, 3 enfants. Au début de la pièce, ils fêtent leurs 15 ans de mariage, mais le coeur n'y est pas. Car ils vont se séparer, entre eux, ce n'est plus possible. Enfin... ils ne se comprennent plus, c'est difficile, elle ne peut vivre ni avec lui, ni sans lui... Alors, pendant 10 ans, on va suivre ce drôle de "couple" qui se retrouve lors de "grandes occasions" comme le titre l'indique, enterrement de la mère d'Antoine, fin des études de leur fils, premier concert de l'aînée, remariage, soirée de Noël... 10 ans qui permettront peut-être enfin à Antoine et Emilie de s'apprivoiser, de se parler sans fard, sans masque, de se voir tels qu'ils sont et de s'expliquer...

La pièce, c'est donc une suite de petites saynettes, souvent à deux, parfois avec seulement l'un des protagonistes. C'est souvent drôle, et souvent touchant aussi. Car les dialogues sont ciselés, car l'histoire, c'est simplement la vie, où rien n'est simple, où les choses ne se passent pas comme on le voudrait, où on se fait du mal sans le vouloir, où on n'arrive pas à se parler... Palette de sentiments, d'émotions, et forcément, ça parle aussi aux spectateurs, il y a forcément l'un ou l'autre passage qui réveille un écho en chacun de nous...
Jolie pièce, humaine et touchante, portée par deux comediens exceptionnels : Patricia Houyoux et Jean-Claude Frison. Ils sont absolument impeccables, jouent avec énormément de nuances ces deux personnages et la complexité de leurs relations et leurs sentiments, sont parfois cocasses, parfois forts, parfois fragiles, parfois pathétiques... Du grand art qui permet à cette pièce, sobrement et efficacement mise en scène par Toni Cecchinato, d'être très réussie et qui fait passer un moment agréable aux spectateurs!

A voir au théâtre du Parc jusqu'au 4 avril!

* Facteur humain, Théâtre le Public
Le Publis sous-titrait, pour cette pièce, "comédie extra-terrestre"...
Bon alors, extra-terrestre, peut-être bien, mais comédie... Moi j'ai pas trouvé ça franchement comique! Mais plutôt agressif, et je ne suis pas la seule, à ce que j'ai entendu comme commentaires en sortant!
Agressif, dans la forme, avec de la musique assez grinçante par moment, des sons genre "guitares électriques saturées", des grondements et des bourdonnements, des cris...
Agressif dans le propos aussi, dans une vision sans concession de la société et du monde, dans le côté plutôt sordide de cette peinture de folie ordinaire qui cache un drame...

Donc, as trop ma tasse de thé, et je n'ai donc pas accroché à ce spectacle, inspiré apparemment d'un reportage du magazine 'Strip Tease', qui raconte l'histoire d'un homme, Ludovic-Victor dit Toto, ou plutôt un extra-terrestre, envoyé en mission sur terre pour observer et faire des rapports à sa planète d'origine, et qui construit lentement mais sûrement sa soucoupe volante dans le jardin, afin de pouvoir rentrer et rejoindre son père, déjà reparti vers leur planète.
En attendant, il vit chez sa mère, le genre envahissante et sur-couveuse qui a peur que son petit l'abandonne. Une mère perdue entre les médicaments très nombreux dont elle se gave, et son amour du Magicien d'Oz. Elle tient un kiosque à journaux, où Toto la remplace souvent, pour vendre les magazines (il en profite pour découper dans les journaux les faits divers glauques et sordides, coupures qu'il collectionne et qui lui servent à réaliser ses rapports sur la planète Terre!
Mais un jour, une jeune fille étrange survient au kiosque. Elle dit s'appeler Cendre, et va petit à petit prendre de la place dans la vie de Toto, jusqu'à ce que finalement, tout bascule...

Une histoire étrange donc, qui flirte avec la folie et touche donc aussi au franchement sordide par moments.
De bonnes performances d'acteurs cependant à souligner, en particulier Jo Deseure, qui est grandiose pour camper la mère, Thierry Janssen, qui interprète Toto et est aussi l'auteur de la pièce, et Erika Sainte, qui est l'énigmatique Cendre.
Bref, un drôle de coctail, dont vous sortirez au moins en fredonnant 'Somewhere over the rainbow', mais pas vraiment optimiste, donc... à tenter si vous aimez les pièces un peu agressives et un peu destroy!
Au Public jusqu'au 25 avril.

28 février 2009

Au programme - janvier et février 2009

Un peu de retard pour mettre en ligne mes critiques de janvier/février, on dirait...
Pourtant ces 2 mois étaient assez 'légers', 2 pièces vues chaque mois...
Du coup je vous les regroupe en un billet.
Allons-y!

* Cendrillon, ce Macho! - Théâtre de la Toison d'Or

Alors, ce spectacle de Sébastien Ministru était vraiment un régal pour les fêtes de fin d'année!
J'avais vu une des dernières représentations, et même s'ils ont joué les prolongations jusque fin janvier, ce fut rapidement complet. Mais bonne nouvelle, il serait question d'une reprise en fin d'année 2009...
Donc, je vous en livre quelques mots.

Cendrillon ce macho, c'est une idée originale. Et si Cendrillon était un homme? Changeons les codes du conte de fées, prenons donc un prince charmant homo, qui pour plaire à son père organise un bal avec les belles du royaume (la marâtre de Cendrillon s'y rendant bien sûr avec ses deux... filles), mais tombe amoureux d'un Cendrillon. Bon, après, ça se complique un peu, il le retrouve grâce à sa chaussure, mais tout n'est pas si simple, quand même... Enfin, on peut s'attendre à un happy end, rassurez vous!
Voilà donc une version moderne, pleine de paillettes, de chansons, d'humour, de folie, d'énergie, d'un conte de fées connu. C'est aussi, l'air de rien, une ode à la tolérance et à l'ouverture d'esprit face à la différence, un texte un brin 'revendicateur', parce que le couples 'gay' sont des couples comme les autres.

Nathalie Uffner signe la mise en scène de ce spectacle haut en couleur, plein de rythme, et qui provoque fous rires à répétition et enthousiasme débordant dans le public! Un vrai moment d'allégresse!
Les comédiens sont excellents, 'Maman' ainsi que deux membres de son cabaret, Marla et Bruno, s'en sortent bien et ne se contentent pas de numéros de danse et play-back, mais campent la belle-mère et les demi-soeurs de Cendrillon avec humour et beaucoup de dérision et d'auto-dérision, avec quelques 'clins d'oeil' dans le texte (puisque forcément, les deux filles appellent leur mère "Maman"...)
Frédéric Nyssen est Cendrillon, plein de charme, plutôt mignon, un rôle de composition avec pas mal de nuances! Antoine Guillaume, Julie Duroisin et Jean-François Breuer sont aussi très bons dans les rôles respectivement du prince, de sa "conseillère" (je ne sais pas trop comment l'appeler, c'est un peu l'entremetteuse aussi puisqu'elle connait Cendrillon, elle est déjantée dans un rôle de vieille fille un peu en manque à force d'être entourée d'homos, elle est cocasse notamment dans un play-back de Lara Fabian!!), et de styliste du prince.
Mais la palme du délire revient sans conteste à Laurence Bibot, totalement hilarante, dans le rôle de la marraine alcoolique, défoncée à la cocaïne, organisatrice de partouzes. On est loin de l'image habituelle de la fée marraine! Mais Laurence Bibot est épatante, et irrésistible quand elle se lance dans du Amy Winehouse!

Bref, un spectacle réjouissant! Si vous l'avez raté en cette fin 2008/ ce début 2009, précipitez-vous s'il est repris fin 2009! (vous pouvez déjà contacter le TTO pour être tenus informés, à ce que m'a dit un ami!).
Le site du TTO, c'est ici!

* Faut pas payer! - Théâtre Le Public
Une pièce de Dario Fo, par la troupe de l'Eveil, mis en scène par Carlo Boso, voilà qui, après "Mort accidentelle d'un anarchiste" il y a quelques années, s'annonçait bien...
Alors, ce spectacle tient-il ses promesses?
Pour moi, sans aucun doute, oui!
D'ailleurs, ils l'ont prolongé, au Public, jusqu'au 13 mars au lieu du 7 initialement annoncé.
Plus d'info sur leur site et aussi sur le site du Théâtre de l'Eveil.

L'histoire? Une pièce... étonnamment d'actualité!
C'est la crise! Tout devient trop cher, les prix de la nourriture s'envolent, les salaires ne suivent pas, le chômage augmente, les entreprises licencient...
Alors, dans une cité ouvrière, les femmes se révoltent à leur façon. Elles décident d'acheter les aliments au supermarché en les payant le prix qui leur semble juste, voir, en ne payant rien!
Evidemment, la police les poursuit et vient perquisitionner. Antonia fait partie de ces ménagères révoltées. Seulement, elle doit cacher ce qu'elle a volé, non seulement à la police, mais aussi à son mari Giovanni, à cheval sur le respect de la loi. Alors, elle décide de profiter de sa voisine Margherita, et cache des aliments sous son manteau. Et boum! Les voilà obligées d'inventer une grossesse cachée, rapide, compliquée... à leurs époux respectifs, ainsi qu'aux deux flics rencontrés, l'un plutôt alter-modialiste, l'autre beaucoup plus rigoriste (et qui se ressemblent pas mal, en plus... Forcément, c'est le même comédien qui interprète plusieurs rôles!).
A partir de là, ce sont des quiproquos en série, des portes qui claquent, des retournements de situation, des mensonges, du vaudeville plein de rythme, entre traits d'esprits et gags burlesques.

Bref, cette pièce, malgré un côté 'dénonciateur' des dérives libérales (comme dirait Elio Di Rupo), malgré un contenu ancré à gauche, prend surtout le parti de rire de la crise. C'est avant tout une farce, un vrai délire! Actualisé par Dario Fo il y a quelques années, pimenté de quelques traits bien de chez nous (toute allusion à la situation belge, à Fortis,... ne serait évidemment pas fortuite!), le spectacle fait souvent mouche et on rit beaucoup. D'autant que la distribution, menée tambour battant par Guy Pion et Béatrix Ferauge qui campent le couple Giovanni / Antonia, s'en donne à coeur joie avec plein de peps et n'hésite pas à en remettre, sans tomber dans le surjeu!

Bref, un bon moment franchement rigolo et tout à fait d'actualité!

* Érasme et Pantagruel - Théâtre du Parc
Un spectacle assez intéressant, avec pas mal de jolies idées et d'originalité dans la mise en scène, mais un peu inégal quand même.
Ce texte est signé Jean-Claude Idée, inspiré évidemment des idées et oeuvres d'Érasme et de Rabelais, et le spectacle est mis en scène par l'auteur.
Il raconte la rencontre et la confrontation (imaginaire) entre Erasme et Rabelais, l'un vieillissant, l'autre bondissant, l'un maître, l'autre disciple, l'un déçu par l'autre, l'autre cherchant à démontrer que sous les scènes de débauches et de rire gras de son Pantagruel et de son Gargantua se cachent les idées humanistes d'Erasme, le rire en plus (car rire est le propre de l'homme).

Le spectacle développe donc des idées toujours d'actualité, des principes qui sonnent juste, sur l'importance de la connaissance, étudier et se connaître soi-même, sur la tolérance, l'absurdité de la guerre, les utopies...
La troupe, nombreuse, jongle avec les différents personnages, historiques dans la première partie (car on 'revoit' un peu l'histoire de l'époque, avec tous les grands personnages qui apparaissent ingénieusement de ci, de-là, dans le décor, et qui viennent se raconter), ensuite, personnages des romans de Rabelais, colorés, pour raconter l'histoire de ses géants, Gargantua et Pantagruel. En tête de distribution, on retrouve Jean-Philippe Altenloh (Erasme, j'allais écrire 'très ressemblant', en tout cas à l'image qu'on s'en fait, tout en rigueur un peu froide) et Michel Poncelet (Rabelais, en rondeurs et bonhommie).
Leur 'duo', entre confrontation et admiration, fonctionne bien! Tout comme le reste de la distribution, globalement à la hauteur!

Le décor mérite un bravo particulier car il est très ingénieux et admirablement utilisé au fil de la pièce. On démarre dans une grande et austère bibliothèque, qui se colore petit à petit, se "décore", révèle des niches et des trappes, et finalement, s'ouvre en deux pour nous plonger dans le monde de Gargantua, avant de se transformer en un vaisseau voguant sur les flots, vers l'Abbaye (imaginaire) de Thélème, à la règle tellement simple, "Fais ce que voudras" - pour ceux qui ne connaissent pas, j'ai trouvé ce lien intéressant -, pour un final plein d'entousiasme et d'utopie, qui fait rêver ceux qui adhèrent à ce genre d'idées (dont, j'avoue, je suis, et la description enthousiaste de cette utopie finale m'a embarquée!).

Alors, malheureusement il y a quelques longueurs, quelques lourdeurs, quelques passages dont on se serait sans doute passé... Mais dans l'ensemble, le spectacle est plutôt réussi!

* Yaacobi et Leidental - Rideau de Bruxelles
Euh... Alors... Quoi vous dire sur cette pièce?
Que c'est, parait-il, de l'humour juif. Bon, j'avoue ne pas avoir trouvé le fond très drôle, c'est plutôt noir comme pièce, enfin, ou bien j'ai pas tout compris, ou bien cette histoire d'amitié abandonnée et d'amour raté n'est quand même pas particulièrement comique...
Bref, autant le dire directement: je n'ai pas du tout accroché à ce spectacle mêlant performance théâtrale,  chants (un peu de tout, parfois blues, parfois avec un p'tit côté Kurt Weill / Opéra de Quat'sous ) et musique live (mais jouée d'une façon assez bizarre souvent, pas vraiment sur des instruments normaux!).
Je ne sais pas, j'ai trouvé ça franchement décousu, un peu sans queue ni tête, enfin... je ne suis pas du tout rentrée dedans, et c'est même difficile de vous expliquer exactement pourquoi...
Tentez-le si ça vous intéresse, et dites-moi ce que vous en avez pensé!

13 janvier 2009

Et les stats pour 2008, ça donne quoi?

Coucou tout le monde!

Eh oui, on est déjà en 2009 depuis 2 semaines presque, alors, comme les années précédentes, je me suis amusée à me livrer à un petit bilan totalement subjectif, comme d'habitude, de mon année théâtre pour 2008!

D'abord, les chiffres... En comptabilisant les spectacles, concerts, pièces, j'arrive quand même à un total de 39... Eh oui, j'ai mis les pieds 39 fois dans un lieu de spectacle disons, sur un an, ça fait quand même pas mal, je me demanderai encore pourquoi j'ai du mal à trouver du temps libre, moi! :-)
Sur ce total, j'ai quand même compté 29 pièces de théâtre, pas de surprise donc, je reste une fana de théâtre avant tout!
Et je me rends compte que j'écume pas mal d'endroits différents! J'en ai quand même compté 19, de salles de théâtre, pour ces 39 représentations! Bon, ok, Louvain-La-Neuve, ça fait déjà 3 salles différentes, mais quand même!

Et derrière tout ça? Ben forcément, des coups de coeur, des déceptions... Et un top 3, comme ça, des pièces que j'ai aimées particulièrement, qui m'ont marquée... et je vous rappelle la règle d'or: 'Sois belge et tais-toi', pour tous les épisodes antérieurs et à venir, c'est HORS CONCOURS! Forcément, hein, sinon ça fait en tout cas quelques années que ce spectacle squatterait une marche de mon top 3, puis comme je vais toujours bien revoir le spectacle une deuxième fois... (ou une 3ème), ça fait départager 2 épisodes par an... non, définitivement, hors-concours! :-)

Donc pour 2008:
En première position, "L'arbre de joie", de Louis-Michel Colla et David Khayatque, dans une mise en scène d'Olivier Coyette, pièce que j'ai vue au Jean-Vilar de LLN justement. Un vrai coup de coeur, une pièce qui déborde d'humanité, touchante, pas résignée, du fond, de l'humour quand même, une mise en scène originale et de super acteurs! Je ne vous en ai touché qu'un bref mot, parce que j'ai vu la dernière représentation, et que je ne voulais pas créer de frustrations... Mais c'est mon vrai coup de coeur!
Parce que le théâtre qui transmet des émotions, c'est un grand oui, c'est ce que j'adore!

En 2ème place, changement total de genre: "La guerre de Troie n'aura pas lieu", de J. Giraudoux. Mise en scène de Jean-Claude Idée, pièce que j'ai vue au Parc en janvier dernier.
Alors, oui, certains ont dû trouver cette pièce longue! A peu près 3h (avec l'entracte, mais bon...)...
Pourtant, moi, j'avais adoré! Un texte splendide, des comédiens totalement à la hauteur, une mise en scène très très sympa, jeux de niveaux, jeux d'anachronisme aussi, avec un couple 'Pâris/Hélène' qui faisait un peu (beaucoup?) Nico/Carla... Bref, j'avais trouvé la pièce très moderne, très rythmée, j'avais accroché, profité de toutes les saveurs du texte... Un très bon souvenir, 2008 avait bien commencé!

Et en 3ème et dernière position du podium? Après quelques hésitations, je penche finalement pour "Amour, Amour", de Jacques Henrard, mis en scène au Blocry (encore LLN!) par  Cécile Van Snick.
Je vous en ai déjà parlé sur ce blog, donc, je ne vous refais pas un topo complet. Mais pour la fraîcheur et le talent des comédiens, ça vaut bien une 3ème marche!

A part ça... l'année 2008 a été très riche en bons moments, en fait! En vrac, j'épinglerai encore:
- "Le mariage de Figaro ou la folle journée", de Beaumarchais, au Public: pour le côté festif et la mise en scène étonnante!
- "Demain c'est le printemps", au Blocry, pour l'émotion, la sensibilité, la lumière...
- "La fourmi et la cigale", au Jean Vilar, pour l'originalité des textes et de l'idée, pour le côté 'je cherche à retrouver le modèle' :-)
- "Le Bossu", à Villers La Ville, pour la majesté du spectacle, pour l'ambiance, la magie, pour Michelangelo Marchese et Pascal Racan, parce que j'aime le style 'cape et épée'
- "Où sont les hommes?" au TTO, parce que c'est trop drôle, super bien fait et bien observé
- "L'improshow", aux Riches-Claires, pour le côté déjanté, pour le talent, pour le côté vitaminé du truc, pour les fous-rires!
- "Qui est le véritable inspecteur Dupif?" au TTO, pour le surréalisme, le charme so british, l'humour, le 'too much'!
- "L'importance d'être constant", au centre culturel d'Auderghem, parce que je l'avais déjà vue et j'avais pas trop aimé, et parce que pour une fois que je n'ai pas du tout été déçue par des comédiens français connus (Frédéric Diefenthal et Lorant Deutsch pour ne pas les citer!)... Ca mérite un coup de coeur!
- "Un jour j'irai à NewYork avec toi" pour le talent de ce p'tit jeune homme de 13 ans, pour la simplicité et le naturel, pour la bouffée de tendresse derrière les difficultés!

Ca fait pas mal ça déjà hein!
Alors, tout était top? Ben non... J'épingle donc aussi des déceptions, malheureusement!
- "Le Cid" à l'Aula Magna... parce que c'était trop lent, trop classique, trop scandé, trop figé
- "Un Faust" au Jean Vilar... parce que j'ai pas vraiment compris et qu'en plus je suis pas sûre d'adhérer au propos que j'ai compris... Trop confus pour moi!
- "Ca ne se fait pas" au Th de la place des Martyrs... beaucoup trop décousu, une idée originale, un grand acteur (Alexandre von Sivers), mais finalement ça part dans tous les sens sans beaucoup de consistance! Dommage...
- "Dialogues d'exilés" au Public... snif, parce que j'aime plutôt bien Brecht... mais là, non, c'était trop plat, trop statique... Disons que je n'ai pas du tout accroché à l'option de mise en scène!
- "Cuisine et dépendances"... j'en ai déjà parlé, je n'aime pas trop le style Jaoui-Bacri, finalement, et même Daniel Hanssens et Pascal Racan n'auront pas rattrapé la sauce pour moi!
- "Garde à vue" au Public... bon, déception, j'exagère. C'était quand même pas mal du tout. Mais avec Patrick Descamps et Michel Kacenelenbogen, j'avais espéré encore mieux, et je ne suis pas vraiment rentrée dans l'aspect 'thriller psychologique' donc... moyen!

Et voilà, m'sieurs dames, un bilan totalement subjectif, partial et partiel (ben oui, je ne vais pas partout, je ne vais pas voir tout ce qui se joue, loin de là!)... Mais c'était mon année 2008 côté jardin et côté cour!

Belles découvertes théâtrales à vous en 2009, et à bientôt sur ce blog (il faut que je vous parle de "Cendrillon ce macho", c'est délirant et hyper drôle!)

Mary

28 décembre 2008

Au programme - décembre 2008

Coucou tout le monde!

Eh oui, je sais, on est déjà mi-décembre et je n'ai encore parlé d'aucun spectacle pour ce mois sur ce blog...
Un peu de mal pour le moment moi... J'vous passe les détails et j'essaie de me rattraper aujourd'hui!

Alors, en ce mois de décembre, j'ai occupé tous mes samedis!

* L'affaire Lambert - Th Le Public, Bruxelles
Un spectacle très... étrange! Plutôt original et inattendu. Un peu décousu, un peu déjanté, de l'humour très très noir (un peu limite par moments!), surtout sur la fin... Pas tout à fait ma tasse de thé, autant certaines choses sont très drôles (des proverbes mis à une sauce digne de Kaamelott - oui je suis fan de cette série), les accents savoureux, l'exagération de mise, le jeu des acteurs plein d'engagement, autant par moments ça grippe, le fond de satire sociale est grinçant, le jeu des comédiens un peu inégal quand même...

Bref, à tenter, mais en sachant qu'il ne faut espérer ni lueur d'espoir ni happy end à cet OVNI (et que la salle des voûtes n'est pas la plus confortable du Public...)

* Sois Belge et tais-toi - Th St Michel, Etterbeek
Aaaaaaahhh... Sois belge... Une réussite, un renouvellement en plus...
Mais vous pensez quand même pas que je vais vous en parler comme ça, en bref, ici?
Allez, hop! Nouveau billet! :-)
(et je vous mets le lien direct ici au cas z'où!)

* Cuisine et dépendances - Centre Culturel, Uccle
Bon, ben, voilà, fallait bien une déception de l'année, hein...
Pas trop convaincue par cette pièce, je suis obligée de le reconnaitre. Je n'avais pas vu le film et ne suis pas une grande fan du duo Jaoui/Bacri, mais bon, comme j'avais lu que pour ce spectacle, la pièce avait été réadaptée et que c'était très drôle, je m'étais dit 'Allons-y'...

Bon, je crois que mon problème principal est que je n'ai pas accroché au texte ou à l'histoire, celle d'une soirée de réveillon entre amis qui tourne au vinaigre, et pendant laquelle tous les comptes se règlent en cuisine... OK, c'est sans doute un portrait sans concessions, un peu vitriolé, de ce genre de fêtes, mais... j'ai du mal à en rire franchement... Donc, voilà, c'est sans doute une sorte de parti pris de ma part, mais je suis pas rentrée dans la pièce.

Après, la mise en scène est pas mal même si classique, et les comédiens se démènent, Pascal Racan est brillant et m'aura fait rire! (même s'il est exactement là où on l'attend et qu'il n'y a donc pas de surprise dans son jeu, il met du coeur à l'ouvrage et distille de nombreuses mimiques, la scène où lui et Daniel Hanssens attaquent la bouteille d'eau de vie est hilarante, c'est un des morceaux qui m'ont permis de ne pas - trop- regretter ma soirée...)...

Bref, rien à redire de particulier, si vous aimez le style Jaoui-Bacri je pense que vous aimerez cette version belge, qui est sans doute un bon p'tit spectacle pépère pour les fêtes de fin d'année....

* Un jour j'irai à New York avec toi - Th Le Public, Bruxelles
Alors là, par contre... J'ai a-do-ré ce spectacle. Il reste apparemment quelques places pour le 31/12 (infos ici), et si vous avez l'occasion d'y aller, je vous recommande ce spectacle, écrit par Bruno Belvaux et Jean Lambert, interprété par Olivier Darimont et Elie Belvaux (le fils de l'auteur, 13 ans, extraordinaire!!)...
[Update]: reprise de la pièce du 27 février au 27 mars au théâtre royal de Namur!

C'est une histoire de famille, un père et son fils, le père séparé de sa femme, dragueur invétéré, ne pouvant vivre autrement qu'en couple (affecto-dépendant ça s'appelle), le fils qui voudrait que ses parents se remettent ensemble...
Ce face à face, alors que le père attend sa nouvelle conquête, a lieu autour d'un piano, car l'enfant joue de la musique, c'est un génie dit son papa, qui compte un peu sur lui pour amadouer la dame, tandis que le gamin, lui, voudrait retourner aux Etats-Unis (dernier voyage de la famille réunie...) et y gagner sa vie en jouant dans les bars...

Ce spectacle est d'une grande grande tendresse. C'est très drôle, avec un lot de vérités quand même, avec un fond pas forcément drôle, mais tourné d'une façon optimiste, justement grâce à la tendresse et à la complicité qui unissent ce 'couple' (de théâtre!) père-fils... De quoi se dire que même quand c'est difficile et qu'il y a des reproches et des tensions dans la famille, les liens restent, même si le ton monte, ils finissent toujours par s'étreindre...

Il y a de l'émotion, des fous rires surtout, des jeux avec le public, de la musique, du piano, des chansons, un peu de guitare pour conclure (forcément, cfr le titre du spectacle...). Et une belle connivence.
Alors ok, il y a quelques redites dans la mise en scène, et par moments, Olivier Darimont en fait un peu trop...
Mais l'ensemble est hyper agréable à savourer, une petite parenthèse de tendresse et d'humanité tout simplement, ça fait plaisir.
Et puis Elie Belvaux est étonnant, pour son jeune âge, il semble d'une grande maturité, joue avec un grand naturel, ça semble spontané. Et en plus il est bon musicien!

Bref, un chouette spectacle pour cette fin d'année!
(note: imaginez-vous qu'en sortant de la salle, y'avait une dame avec un micro et un cameraman, et que bien sûr, parmi les gens qui sortaient, c'est à moi qu'elle l'a tendu, son micro! Me demande quand même à qui et dans quel cadre j'ai donné mon avis sur cette pièce... Si quelqu'un a une idée!! :-) )

Bonnes soirées théâtre à vous,

Mary

18 décembre 2008

"Et la Belgique en choeur va crier 'ça c'est tof!'"

Coucou, c'est Mary!

Enfin, enfin, je prends mon clavier pour vous parler...
De mon coup de coeur habituel de fin d'année, direz-vous?
Non, un coup de coeur n'est jamais acquis et je n'ai pas de parti pris (peut-être juste un a priori positif!)...
Mais la cuvée 2008-2009 de "Sois belge et tais-toi", de Baudouin et André Remy (pour les distraits ou les nouveaux qui n'auraient pas encore compris de quoi je parle...) est extraordinaire (comme dirait Michel Daerden), ou savouricieuse (comme dirait le BGG de Roald Dahl, je sais pas pourquoi ce mot me revient à l'esprit, mais je trouve qu'il convient à merveille à l'épisode de cette année...)

Comme chaque année, dilemme : que vous en dire, sans en dévoiler trop? (et sans images... Ben oui, c'est aussi pour ça que j'ai mis quelques jours à écrire ce billet... J'espérais des images sur le site de la compagnie Victor - l'asbl qui produit le spectacle, pour rappel, infos et réservations sur www.compagnievictor.be - Mais toujours pas d'images, alors il faudra faire sans!
[Update : 19/12]: Ben voilà, suffisait que je l'écrive, et hop, une galerie '2009' sur le site! - ok, rien à voir, mais bon... -. Du coup, j'en profite pour illustrer ce billet de quelques images, venant donc du site www.compagnievictor.be - je vous mets le lien encore une fois!! -  parce que je trouve que ça fait un billet plus chouette avec un peu de visuel, puis ça vous donnera encore plus envie d'aller voir le spectacle.
Ah oui, tant que je suis dans les updates, peut-être que la crise politique qui s'est ajoutée aujourd'hui aux autres crises aura un petit effet sur le contenu du spectacle... enfin à mon avis ça ne bouscule pas fondamentalement l'année écoulée - ouf, Yveke and co n'ont pas encore trouvé de machine à remonter le temps pour foutre le bordel dans le passé - donc je pencherais plutôt pour quelques adaptations de texte ça et là, mais bon... L'auteuse de cet article ayant vu le spectacle avant le 19/12, ne pourra pas être tenue responsable s'il y a des changements par rapport à ce qu'elle a écrit dans le dit-article :-)))
Et comme je ne sais toujours pas quand et où je retournerai voir le spectacle, vous n'aurez pas un update rapide de ma critique si changements il y avait!
Là dessus, je ferme la parenthèse et je vous laisse continuer à lire...)

Cette année, je trouve l'exercice de vous parler du spectacle un peu plus difficile... Car l'effet de surprise est assez présent, et ça pétille encore plus quand on ne sait pas du tout à quoi s'attendre...

Pourtant, je ne vais pas me limiter à vous dire "allez-y, allez le voir, c'est drôle, inattendu, surréaliste, absurde, surprenant, piquant, mordant, juste, plein de finesse, dynamique, rythmé, enjoué, jamais méchant ni cynique, tellement vrai...."
Vous seriez capable de me demander des garanties, sans me préciser lesquelles, et après, dans quelques mois, on n'aurait toujours pas avancé et vous n'auriez pas été voir le spectacle, et ce serait trop tard parce que complet partout, et ce serait bête! :-)

N'empêche... si je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que le spectacle est "fort différent" cette année, il est vrai qu'il prend une direction un peu différente (que je trouve encore plus séduisante qu'avant, mais là, c'est un avis personnel!).
Oui, mais... différente en quoi?
Bah d'abord, c'est un nouveau metteur en scène, Thibaut Nève, qui s'occupe du spectacle cette année... et qui amène avec lui un assistant, Philippe Rasse, et un scénographe, Vincent Bresmal.
Nouvelle approche de mise en scène, donc! En fait, la mise en scène est beaucoup plus 'présente' cette année, et pas uniquement parce qu'il y a plus d'accessoires et des éléments de décor qui nous plongent dans un tableau surréaliste et donnent le ton du spectacle!
Disons qu'on a moins l'impression d'une revue, d'une succession de sketches. L'ensemble est plus cohérent, avec des transitions, des scènes plus longues, qui se recoupent, se poursuivent, se déroulent en plusieurs parties, un personnage rentre, un autre sort, les positionnements sont millimétrés, les tableaux réglés avec une grande précision, pour amener des effets comiques en plus, en soutien du texte et des mimiques! Plus compliqué pour les comédiens aussi, qui ne peuvent se permettre d'écart de concentration!
Bref, 'Sois belge' est encore un peu plus 'professionnalisé' à ce niveau là, et c'est nickel, ça fait mouche (car je vous rassure, si c'est réglé tip-top, ça ne manque ni de chaleur, ni d'humanité, ni de fantaisie!!)

Lizin_2

Le style d'écriture est aussi un peu 'différent'... En tout cas, moins tendre, plus acide (mais jamais amer!) ou plus mordant. A l'image de l'actualité de l'année belge écoulée, la dérision et la "relativité par le rire" en plus. Les textes de Baudouin et André Remy sont d'une grande justesse comme toujours, sans sombrer dans le défaitisme, sans céder à la facilité du "tous nuls, tous pourris". Ils soulignent le ridicule des situations, reprennent ce qui n'a pas tourné rond, les abérations, les discussions pour rien, le retour à la case départ... le tout en frappant juste, mais sur les faits, jamais sur les personnes.  
Et puis, ils l'écrivent dans le programme : "La politesse des caricaturistes est aussi de dire zut, ça suffit"

Cet épisode n'est pas tendre avec "les flamands"? On avait besoin de se défouler, et puis, ne se sentiront visés que ceux qui ont exagéré, ou qui pensent pareil... (une collègue néerlandophone a testé et approuvé: elle a a-do-ré le spectacle!)
Bref, un épisode d'une grande intelligence, et comment utiliser le surréalisme et l'absurde pour parler et rire de notre Belgique, de nos dirigeants, et donc, au fond, de nous mêmes!

Leterme_and_co

Un mot sur les chansons aussi, tant qu'on est dans les textes: très bien ré-écrites, et y'en a pour tous les goûts... Par contre... "elles restent" ! Donc, si vous vous retrouvez, après avoir vu le spectacle, à fredonner du Bénabar ou du Renan Luce (par exemple, il y a plein d'autres choix!), c'est pas étonnant.
Ah oui, par contre, si vous fredonnez les refrains avec les paroles version 'Sois belge', envoyez-moi un message, je me sentirai moins seule!!! :-)

Et sur le contenu, précisément... de quoi ça parle cette année?
Eh bien, de beaucoup de choses! De crises, des actionnaires à qui la crise a tout piqué (sketch excellentissme, bourré de jeux de mots, et qui mérite bien un AAA comme notation!)...
D'une année de négociations, de démissions, d'errements communautaires, de page blanche, de réunions de présidents de partis, sur fond de crise financière, de pouvoir d'achat et de 'vrais problèmes des gens'... Tout ça traité sur un mode absurdo-surréaliste dont, personnellement, je suis totalement fan!!!
Avec Verhofstadt qui se pointe (faire un peu de magie...), avec Yveke bien sûr (aaah, ce Leterme... il ne va pas bien, vous savez ... petite trouvaille pour prendre de ses nouvelles, j'adore!! Et un 'Double je' assez saisissant, je ne vous en dis pas plus...), et Bart De Wever (et vous devez savoir que Philippe Peeters, qui incarne Bartounet avec une espèce de bonhomie, et Baudouin Remy, qui croque Yves Leterme d'une façon incroyable, réussissent le tour de force de rendre ces 2 personnages drôles, et on se marre, alors que je sais pas pour vous, mais moi, en général, ces 2 guignols - les vrais je veux dire - ont tendance à m'énerver!)...
Il y a aussi, bien sûr, Didier Reynders qui avoue toujours autant, Joëlle Milquet, Laurette Onkelinx, Isabelle Durant, Elio Di Rupo, et André Flahaut, toujours dispo!

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Anne-Marie Lizin viendra aussi jouer les Mistinguett (oui, c'est toujours Joël Riguelle qui s'y colle, avec talons hauts je vous prie! ). Un nouveau personnage fait son apparition, c'est Javaux, dont Baudouin Remy tient plutôt bien le sourire doucement poseur et les yeux grands ouverts!
Et puis, il y a aussi la famille royale (assez déjantée et franchement gratinée! Mais ça marche, on se marre!), Soeur Emmanuelle (surprenant(e) mais j'vous dirai pas qui!), Annemie Turtelboom, les Daerden père et fils, un Sarkozy 'Bling Bling' accompagné de sa Carlita...
Et les classiques, Devos et Lemmens, les bulletins (avec de nouvelles remarques dans les bulletins - par contre niveau prénoms j'y comprends plus rien à cette famille ;-) ), the return of JCVD, le couple mixte 'nord-sud' (mais pas le même que l'an passé, 'elle' est ch'ti cette année - et Nathalie Hugo tient bien l'accent ... elle serait pas tournaisienne, elle? :-) ) couple, donc, qui se déchire dans une commune à facilités (je ne résiste pas à citer -oui, bon, je garantis pas au mot près! - une petite phrase à propos de l'enfant du couple: "quand il est sur le sol flamand, il devient flamand. Et quand il est sur le sol wallon, il devient francophone. Et quand il est dans une commune à facilités? Il devient fou!"), une 'derde les' qui se complique,...

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Rayon émotion, la palme revient sans conteste à André Remy, avec une version du 'Plat pays' (qui est le tien, le nôtre quoi!) sublime, touchante et avec une finale optimiste...

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Ah oui, j'oubliais, il y a aussi du "pédagogique" cette année, avec une explication géopolitique de la Belgique (Stéphanie Coerten est exceptionnelle!), et une leçon sur le fonctionnement du parlement (et du Sénat un peu)... qui est, comment dire... euh... à l'image du pays! (vous inquiétez pas si vous comprenez pas tout, c'est fait exprs! Moi, tout ce que j'ai retenu, c'est que je voudrais pas être la secrétaire dans l'histoire, et que 'pas d'avis, du chocolat!' :-) )

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En résumé... une excellente soirée à passer en compagnie de 6 artistes incroyables : Stéphanie Coerten, Nathalie Hugo, André Remy, Baudouin Remy, Joël Riguelle et Philippe Peeters. Chapeau à tous et merci m'sieurs dames pour l'énergie que vous mettez dans ce spectacle.

Ah oui, une dernière chose... Derrière tout ça, derrière le rire, il y a aussi un aspect un peu plus pédagogique (sans rire!), une prise de distance, une mise en perspective.
Et un point de vue important, me semble-t-il, qui ouvre et ferme le spectacle, et auquel j'adhère à 200%, (pour les raisons évoquées dans la chanson de fin de spectacle, chanson qu'une bande d'Enfoirés a reprise cette année, mais je vous en dirai pas plus, écoutez bien les paroles dans 'Sois belge'... Surtout vous, messieurs et mesdames qui nous gouvernez et/ou qui serez candidats en 2009...)
"Surtout, ne tournez pas le dos à la politique. Même pour une année de perdue. Même pour un an pire..."

Et vous, chers lecteurs et lectrices, si ce n'est pas fait, foncez sur www.compagnievictor.be, et réservez vos places!
Belle fin de journée à vous,

Mary

PS: j'ai un doute tout à coup, pour le titre de ce billet, c'est la Belgique en choeur ou la Belgique entière... ?
[update : 8/3] Bien retenu : c'était en choeur!
Spectacle actualisé légèrement, avec H. Van Rompuy qui passe faire une petite apparition... Toujours aussi excellent! la cuvée 2008-2009 est vraiment à recommander!

30 novembre 2008

Au programme - novembre 2008

Coucou tout le monde!

Héhé, j'ai l'impression qu'avec des critiques plus brèves et regroupées, j'arrive à tenir mieux le rythme!
Et à écrire un petit mot sur les pièces que je vais voir.
Bon ok c'est moins complet qu'avant et ça manque d'images, mais bon...

Alors, on continue comme ça pour novembre! (ben ouais parce qu'en décembre mon petit doigt me dit qu'en plus d'une version brève pour les autres pièces, il y aura forcément un spectacle auquel je consacrerai un billet complet! :-) Hihi, on s'demande lequel, hein? )

* L'assassin habite au 21 - Théâtre des Galeries, Bruxelles

Un classique de la littérature policière, une adaptation du roman de Stanislas-André Steeman, une mise en scène de Claude Enuset..
Et une impression... mitigée. Je n'ai pas détesté, mais je n'ai pas adoré non plus.

Ca tient probablement pas mal à l'histoire... Moi qui suis une disciple de la grande Agatha :-), je trouve l'intrigue de "L'assassin habite au 21" un peu... creuse.
Si vous ne connaissez pas, je vous résume en quelques mots: des crimes en série dans le brouillard de Londres. Les victimes sont assommées à mort avec un sac rempli de sable, et dépouillées de leurs biens (argent, bijoux). Sur le cadavre, une signature, une carte de visite au nom de 'Mr Smith'.
Scotland Yard patauge, jusqu'à ce qu'un indic leur fournisse une information de premier choix: Mr Smith, l'assassin, habite au 21, Russell Square. Dans une pension de famille...

Donc, dans cette pension de famille, se cache un assassin... Mais... certes, l'intrigue est menée avec une certaine précision, et la fin est assez surprenante, mais ça manque de logique et de psychologie à mon goût. Pas vraiment d'indices à recouper, pas de personnalités des suspects à analyser... Une argumentation "un peu" légère pour justifier la découverte de la vérité par celui qui la comprend... Sans compter cette idée que je trouve légèrement machiste de ne même pas considérer les femmes comme suspectes... Non mais! C'est quoi ça, pas cap' de commettre des meurtres, le "sexe faible"?

Concernant la pièce elle-même... La mise en scène est précise, même si relativement classique (on est aux
Galeries, faut pas s'attendre non plus à du très contemporain ;-) ). Le décor est ingénieux, car séparé en 2 parties non égales, mais délimitées uniquement par l'éclairage: d'un côté, le bureau de l'inspecteur de Scotland Yard, de l'autre, la pension de famille (avec escaliers et étage pour jouer sur 2 niveaux). Et selon l'endroit où l'action se joue, l'un ou l'autre décor sort de l'ombre (ce qui n'empêche pas les comédiens de se déplacer dans l'autre décor). Une belle trouvaille et un effet réussi!

Mais... la pièce est un peu longue, un bon 2h, et parfois, je me suis ennuyée. Certains passages auraient gagné en concision, ou alors, il manquait un petit quelque chose pour faire prendre la sauce. La bande son (créée pour le spectacle par Laurent Beumier) est excellente et soutient plutôt bien la tension, mais par moment, je trouve que ça retombe. Ca manque un peu de rythme, de cohérence...
Et du côté des comédiens, c'est un peu pareil. Certains sont irréprochables, et réalisent une belle performance (je citerai en particulier Patrick Brüll, le commissaire de Scotland Yard, et Jean-Marc Delhausse, Mr Andreyew, l'un des habitants de la pension, sans oublier Alexandre Von Sivers en major retraité des Indes et Toni d'Antonio en prestidigitateur), d'autres sont en dessous (en tout cas quand j'ai vu la pièce, j'ai pas été convaincue par Fabrizio Rongione, qui joue le journaliste Ginger Lawson, je crois qu'il s'est un peu empatouillé dans son texte à la fin, j'ai pas tout compris...)
Puis, y'a quand même un truc qui m'agace aux Galeries, quand je lis dans le programme (interview du metteur en scène) : "pour que ces personnages gardent leur mystère et leur part d'inconnu, d'invisible, j'ai souhaité que le spectateur des Galeries soit surpris par de nouvelles têtes"... Dites, faut pas croire que les gens qui vont aux Galeries ne vont que là, quand même! D'accord, dans la distribution, y'a des comédiens que j'avais encore jamais vu, mais quand même...

Bref, vous l'avez compris, c'est une Mary mitigée qui est sortie des Galeries. Du bon, du moins bon...
Au final, dans le genre polar, je crois que j'avais préféré le "Garde à vue" du Public...
Mais si vous avez aimé le roman de S-A Steeman, je pense que vous aimerez la pièce des Galeries.

Pour plus d'infos : c'est ici!

* Où sont les hommes? - Théâtre de la Toison d'Or, Bruxelles

Ah là là... Quel dommage que j'ai vu l'avant-dernière représentation... Je ne peux que vous recommander... de croiser les doigts pour qu'il y ait à nouveau une reprise de ce spectacle, et d'y foncer!
C'est vraiment un très très chouette spectacle, plein d'humour, de vérités et de clichés, de clins d'oeil, d'auto-dérision et de dérision, d'énergie, de peps, de fous rire, de tendresse...

Si vous n'en avez pas entendu parler... ce spectacle, c'est un "examen entomologique de l'homme du 21ème siècle". En une série de saynètes et de sketches, avec comme fil conducteur, deux vieux amis qui se soulagent dans des urinoirs en replongeant dans leurs souvenirs, ce spectacle dresse un portrait-kaléidoscope de l'homme moderne. Et franchement, ben au fond, malgré tous ses défauts, on se dit qu'on l'aime quand même bien, cet homme moderne! :-)

Un spectacle pour tout le monde, donc, les femmes et les hommes. Ecrit avec finesse et intelligence, et également brillamment interprété par Nicolas Dubois et Patrice Mincke (qui est d'ailleurs plutôt très mignon, ce qui ne gâche rien!). Dans une mise en scène très dynamique et imaginative de Vincent Raoult.

De grands moments, des morceaux de bravoure, des scènes incroyables... en vrac, il y a cette scène du bar, avec retour en arrière puis traduction simultanée ("j'insiste!"), ce poème aux mimes très... euh... enfin moins romantiques que le texte, cette parodie extraordinaire des "hommes viennent de Mars et les femmes, de Venus", ces ouvriers de chantier à l'accent plus vrai que nature, ses étudiants en pleine guindaille.. ou cette scène plus émouvante où l'un des hommes règle ses comptes avec son père, mort...

Bref, un cocktail idéal pour s'amuser, avec en plus, du fond et de la forme!
Vraiment, vivement une nouvelle reprise!

* Un Faust - Théâtre Jean Vilar, LLN

Voilà une pièce que j'étais curieuse de voir... Sur papier ça s'annonçait bien, de bons acteurs, un thème complexe...
Pourtant... au final, je l'avoue, cette pièce m'est plutôt passée au-dessus...

C'est vrai que la mise en scène de Lorent Wanson est originale, avec sa distanciation, les coulisses sur scène (enfin des tringles de vêtements en fond), les comédiens qui se baladent déjà sur scène pendant que les spectateurs s'installent, le piano, les passages avec micro, la scénographie et le décor de câbles, morceaux de bois, draps, qui bougent et se déplacent, formant différents espaces scéniques... ou encore, le passage où Marguerite charme Faust et où la comédienne est filmée et son image, projetée en grand sur le drap-décor...
Encore plus original, il y a même un chien parmi les comédiens, eh oui, qui joue dans le début de la pièce!

Mais... au milieu de tous ces fils, moi, je me suis perdue. Au milieu des méandres d'une histoire et des réflexions, je n'ai plus rien compris. Au milieu des flous, des ellipses et des digressions, j'ai perdu le message.
Ce Faust moderne (Christian Crahay), un Faust parmi d'autres, qu'un Méphisto (Jean-Marie Pétiniot) va tenter de corrompre, en envoyant la jeune Marguerite (Edwige Baily) le séduire et le perdre. Ce Faust va succomber, préférant l'amour à la lutte des classes, préférant le plaisir charnel avec cette jeune femme à sa vie de combat et d'engagements, malgré les tentatives de ses 'parents' (à tout le moins adoptifs si j'ai compris), Baucis (Anne-Marie Loop) et Philémon (Guy Pion). Mais jusqu'où ira-t-il, jusqu'où sont-ils prêts à aller, l'un et l'autre...?

Le texte de Jean Louvet, parfois drôle, parfois cru, souvent flou, parle notamment du choix, et de ce qu'on ressent quand, ayant dépassé la moitié de sa vie, on constate qu'on s'est donné pour des causes, qu'on s'est battu pour ce qu'on croyait juste, et qu'on s'est oublié, qu'on a laissé passer l'amour...
C'est un thème, sans doute pas le seul, mais au moins un que j'ai saisi...
Pour le reste, j'ai l'impression d'être passée à travers sans vraiment accrocher. Au milieu de ce labyrinthe de réflexions, je me suis noyée...

Dommage!

* Amour, amour - Théâtre Blocry, LLN

Alors ce spectacle-ci, par contre, je vous le recommande très chaleureusement!
Il ne vous reste que quelques jours, car il se joue seulement jusqu'au 4 décembre au Blocry à Louvain-la-Neuve. Donc, pour plus d'infos, utilisez ce lien.

"Amour, Amour", c'est un spectacle très frais, très humain, très mignon, très attendrissant, bref, un spectacle qui fait du bien à l'âme.
4 enfants (interprétés avec un grand grand talent, une justesse extraordinaire et une vraie crédibilité par 4 comédiens formidables: Catherine Decrolier, Hervé Guerrisi, Cachou Kirsch et Pierre Poucet):
- Tino, dont le papa est au chômage parce qu'il n'y a plus assez de morts à enterrer, dont la maman a pris un faux-mari, et qui aime tant sa petite soeur... mais juste elle, autrement il veut buter tout le monde avec son super rayon de la mort, et faire un casse au Prix Magique, et faire une association pour les pauvres, et... Mélange de violence, de force et de failles...
- Paula, la fille du marchand de ferrailles, qui vit dans un wagon, n'a pas de baignoire, alors elle sent mauvais. Et qui a perdu sa petite soeur. Fière, farouche, fragile, solitaire...
- Hughes, le gosse de riches (mais pas si riches que ça parce que ce que gagnent ses parents, c'est pas pour eux, c'est pour le ministre des finances!!), mère avocate, père médecin, qui a une maladie qui l'empêche de manger des desserts et lui fait avoir des syncopes (mais il ne meurt pas à chaque fois)... Qui est amoureux de Madame aussi... Et qui fait des expériences avec Socrate, son hamster :"Quand on regarde une personne qu'on aime, ça donne du goût à la carotte". Différent, un peu coincé, seul
- Lily, enfin, est la fille de la coiffeuse, miss La Redoute car elle y achète ses très nombreuses tenues. Elle rêve d'avoir un mari riche, comme ça elle pourra se faire opérer pour faire disparaitre ses grosses cuisses et son gros derrière. Complexée, à fleur de peau... seule.

Une journée d'école. Une journée ordinaire ou presque, veille de congé, 31 octobre. Demain c'est la Toussaint.
La vie, tout simplement, vue à travers les yeux de 4 gosses de 9 ans un peu paumés. La cruauté des cours de récré. Les leçons de Madame aussi (en voix off, Cécile Van Snick, qui signe aussi la superbe mise en scène de ce spectacle). La vie, l'amour, la mort. "Ce serait facile d'aimer, s'il n'y avait pas les autres".
Les disputes, les amitiés qui se nouent ("Faudrait pouvoir faire un mariage pour devenir frère et soeur"), le chantage, l'amour peut-être, découvert tout doucement en bout d'enfance...
L'avenir, l'enthousiasme, les colères, les secrets...
L'argent, les vêtements, le regard des autres...
Les rêves, les jeux, les vérités qui font mal, l'imaginaire, une plume...
La vie, tout simplement.

A voir vraiment, car tout est réussi: le texte (de Jacques Henrard) est juste, amusant par ce regard enfantin qui plonge dans les souvenirs et qu'on devrait parfois garder, plus profond qu'il n'y parait; la mise en scène qui donne une vie intense à tous ces moments; les comédiens qui se fondent dans ces personnages avec brio!

Bon mois de novembre théâtral à vous!

Mary

30 octobre 2008

Au programme - octobre 2008

Bon, ben ça marche pas trop mal finalement ce système...
Allez, je continue avec un mois d'octobre hyper-chargé!!!!

* L'arbre de joie - théâtre Jean Vilar, LLN

Extraordinaire! Une pièce magnifique, lumineuse, qui offre une large gamme d'émotions. Des questions profondes, du cynisme un peu, de l'humanité beaucoup, de l'apitoiement ou du mélo, jamais!
Des comédiens excellents, toujours justes. Un décor surprenant et multiple.
Dommage, j'ai vu la dernière. Il me reste à espérer une reprise pour vous la conseiller. Mais j'y consacrerai quand même un billet complet, si j'ai le temps, car c'est un vrai coup de coeur! Ah, ce que j'aime le théâtre quand il transmet des émotions!

* L'Aiglon - Théâtre du Parc, Bruxelles

Pas mal! Les comédiens sont bons, heureusement, car c'est une pièce d'Edmond Rostand (et pas de Cyrano de Bergerac comme j'ai failli le dire à un moment, je suis un peu distraite parfois...)... donc, en vers. Et comme la pièce dure environ 2h50 (sans compter l'entracte), ben c'est quand même un peu long!

Mais le jeune Julien Vargas, qui interprète le rôle titre, ce François, Roi de Rome, fils de Napoléon Bonaparte, devenu Franz, Duc de Reichstadt, est franchement épatant! Bon, je ne dirais quand même pas qu'il est parfait, mais il mérite l'ovation reçue à la fin, car il porte ce rôle avec brio.
Enfin, c'est vrai que moi, le côté jeune héros romantique plein de fougue, tour à tour exalté, fiévreux, découragé, voire un peu misérable et apitoyé sur son sort et son incapacité à être digne de son père et à devenir à son tour empereur, ce n'est pas le genre de personnage qui me touche le plus. Mais il est très crédible, et s'en sort très bien avec le texte, on ne ressent que très très rarement l'aspect un peu lourd et classique des vers trop scandés! 

A côté de lui, Yves Claessens est extraordinaire en ancien grognard prêt à participer au complot qui ramènera l'Aiglon sur le trône impérial. Mélange de comique, d'honneur et de bravoure, il est absolument génial!
Epinglons aussi Jean-Claude Frison en froid et implacable Metternich (qui garde le jeune Franz dans la résidence de Schönbrunn), Jean-Paul Dermont en empereur autrichien, grand-père de Franz, implacable lui aussi (et quelle présence!), Chloé Xhauflaire (l'archiduchesse) et Micheline Tziamalis (la Comtesse Camerata) en comploteuses / soutiens du Duc, un peu amoureuses aussi...

Enfin, comme toujours au Parc, les décors sont magnifiques, les costumes, somptueux!
Et l'ensemble bien mis en scène. Bref, à voir si vous appréciez ce genre de pièce historico-romantique, et que vous n'avez pas peur de la longueur du spectacle!
http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2008_2009_001


* Le Cid, Aula Magna, LLN

Peut-être que 2 'classiques' d'affilée c'était trop ?
Sans aucun doute, les vers de Corneille sont moins fluides, moins modernes que ceux de Rostand?
Mouais...
N'empêche que j'ai pas du tout accroché à ce Cid, présenté par une troupe française à Louvain La Neuve.

Rien à voir avec le fait que la troupe était française a priori (pas de grande vedette qui se la joue, promis, je vous ressortirai pas mon couplet sur le sujet ;-) )!
Par contre, bon, j'imagine que le texte se prête peu à la modernisation, mais quand même!
La mise en scène et le jeu étaient beaucoup trop classiques pour moi! Trop lourd, trop lent, trop plein d'emphase, de lamentations, avec des vers beaucoup trop scandés... Sincèrement, quand vous avez envie de mettre 2 claques à Chimène en lui disant d'arrêter de pleurnicher et de se décider...

Bon, ok, ça doit être mon côté féministe. Mais j'avais jamais réalisé à quel point c'était n'importe quoi, l'intrigue du Cid! J'avais vu (je vous en avais parlé d'ailleurs) une excellente version très raccourcie du Cid All' Improviso, et au fond, ils avaient raison quand ils disaient (je me rappelle plus des termes exacts) : Chimène aime Rodrigue, Rodrigue aime Chimène. Avec ça, Corneille s'est dit qu'il ne ferait jamais 2 heures d'hisoire, alors, il a compliqué les choses... 
Eh bien, c'est vraiment ça!
Pourquoi en faire une quasi tragédie dans le jeu? Mis à part le Prince qui a un moment se 'moque' gentiment, par ses mimiques, de Chimène et de ses indécisions et ses plaintes...
Bon, sinon, par associations d'idées, y'a des passages qui m'ont fait sourire... Allez savoir, en sortant, j'avais en tête "Toi et moi contre le monde entier"... On se demande, hein?! :-)

Bref... pas ma tasse de thé le classique du 17ème? Ca dépend. C'est vrai que j'avais vu une version de "Phèdre", il y a des années, qui m'avait pas emballée du tout (pourtant c'était moderne, mais trop violent et ça gueulait trop!)...
Par contre, j'avais adoré 'Le Misanthrope' avec la troupe de l'Eveil et une mise en scène de Michel Kacenelenbogen. Pourtant croyez-moi ça peut être très chiant le Misanthrope (surtout à apprendre...)
Enfin, ce Cid ne restera donc pas dans les annales de mon année théâtrale!


* Hughie - théâtre Jean Vilar, LLN

Bon alors... Que vous dire de cette pièce courte, de Eugène O'Neill, que j'ai vue au Jean Vilar, interprétée par Laurent Terzieff (qui signait aussi la mise en scène) et Claude Aufaure?
Pas facile, parce que j'aurais du mal de vous la raconter... C'est essentiellement un monologue, entrecoupé de vagues réponses, d'apartés/pensées et d'interventions d'une voix off. Le croisement de deux solitudes, deux êtres paumés, l'un qui veut se croire vivant, l'autre qui veut vivre par procuration?

En tout cas, la pièce se déroule dans un temps court (2 heures pour l'histoire, eh oui le temps ne passe pas à une vitesse normale au théâtre), à la réception d'un hôtel un peu miteux de Manhattan, au milieu de la nuit. Le réceptionniste sommeille, quand entre un client "à l'année", Erié Smith. Il s'est pris une cuite pour l'enterrement de Hughie, l'ancien réceptionniste, qui était aussi son confident, le témoin de ses histoires. Alors ce soir, il a envie de parler et de se raconter à son nouveau public... Raconter ses souvenirs, ses aventures, dans le monde du jeu et des paris... Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est inventé, exagéré, romancé? Erié vit-il à travers ses histoires? Et le nouveau gardien de nuit, n'a-t-il pas envie de tout croire, même s'il a mal aux pieds? Besoin de rêve et d'aventures par procuration?

Je ne vous dirai pas si les histoires d'Erié sont vraies ou fausses, je ne vous raconterai pas la fin (même si la pièce ne se joue plus à LLN)... Je vous dirai juste que la mise en scène était bien faite, avec un joli décor, une grande horloge qui tourne plus vite que le temps, et de très belles lumières. Et que les comédiens, Laurent Terzieff (Erié) par ses intonations, son jeu, sa manière d'occuper l'espace, et Claude Aufaure (le nouveau veilleur de nuit, Charlie) par ses mimiques souvent silencieuses, sont très bons.

Bref, une pièce qui passe bien, même si elle ne restera pas parmi celles qui m'ont le plus marquée cette année!

Et un concert de Noa en prime, le 22 octobre au Cirque Royal!
Là j'avais pas prévu d'en faire une critique, mais je vous dirai quand même, en deux mots, que ce fut génial, un mélange superbement dosé de modernité et de tradition, à l'image de son dernier album Jeans & Genes. Toujours cette énergie aux percussions, ce rythme inné dans le chant, cette impression de facilité déconcertante, comme si chanter et respirer étaient deux choses identiques pour Noa... Et puis cette voix, pure, magique, envoûtante, qui vous file la chair de poule sur des morceaux chargés en émotions comme "Follow your heart" ou "The eyes of love"...

Extraordinaire! J'adore cette artiste! En plus elle est super, elle répond toujours un petit mot gentil quand on la contacte par son site pour la remercier du concert (enfin en tout cas je l'ai fait 3 fois - oui j'aime bien dire merci aux artistes qui me procurent des p'tits moments de bonheur!- et j'ai chaque fois eu une réponse!)


Belles découvertes théâtrales à vous!

Mary

Posté par on deblogge à 18:49 - En bref... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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