Derrière les rideaux, la scène (ou l'écran)

Vision subjective mais passionnée de ce qui se joue dans le plat pays qui est le nôtre. Critiques, coups de coeur (souvent) et de gueule (rarement) de Mary (grande "hanteuse" de salles de théâtre) et Peter (assidu des salles obscures) Commentaires welcom

22 novembre 2009

Fracassant!

Alors là, par contre, autant je n'ai pas trouvé le Cocu si Magnifique que ça (cfr billet précédant), autant j'ai trouvé le Capitaine ... fracassant!

"Le Capitaine Fracasse", pièce qui se jouait au théâtre du Parc en septembre - octobre, était inspirée du roman du même nom de Théophile Gautier, mais remis au goût du jour et réorganisé par Thierry Debroux (qui, en plus d'avoir écrit la pièce, en réalisait la mise en scène pour la création, au Parc, de cette comédie héroïque!)

Et je peux vous dire que j'ai passé un vrai bon moment!! "Le Capitaine Fracasse", avec ses passages "capes et épées", est un spectacle enjoué, drôle, léger, divertissant, dynamique, et forcément, fracassant!

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L'intrigue nous emmène d'abord chez Théophile Gautier, qui rechigne à écrire "Le capitaine Fracasse", une commande qu'il devrait honorer depuis longtemps... Il bien commencé le premier chapitre, il y a longtemps, mais n'a pas envie de continuer. Pourtant, ses personnages qui l'interpellent (enfin, surtout Pierre, le serviteur du Marquis de Sigognac, héros présumé du livre mais pour l'instant au 36ème dessous au fond de son château), et son éditeur qui lui offre pas mal d'argent, vont finir par convaincre Théophile d'écrire son histoire.

Une troupe de comédiens frappe justement à la porte du château de Sigognac, ils pourront lancer l'histoire et jouer les personnages qui manquent...
On assiste alors à la fois à l'intrigue du roman (avec tous les ingrédients de l'époque, amour, trahison, jalousie, loyauté, honneur, le tout assaisonné de combats à l'épée et de moments burlesques notamment avec la troupe de comédiens ambulants), et à l'écriture de ce roman... Le dialogue entre l'auteur et les personnage est totalement savoureux...
Avec un côté très "débrouillardise" parfois, pour les accessoires (2 noix de coco ça fait un cheval qui galope, non? Pourquoi je pense aux Monty Pythons, moi? ), ou quand un comédien passe d'un rôle à l'autre en changeant de perruque parce que les 2 sont pour une fois presque dans la même scène, et que Nicolas Buysse (qui interprète donc ce comédien .. euh ou comédienne...) retourne des yeux de chien battu affolé à l'auteur parce qu'il a à peine le temps de se changer, ou quand Théophile Gautier lui-même se mêle d'interpréter les personnages secondaires!
On tombe carrément dans le comique lorsque l'auteur expédie une nouvelle version (la première étant jugée trop triste) de la fin de son histoire, en se permettant des commentaires... Jubilatoire!!

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Bref, un mélange savoureux, servi par une distribution irréprochable (tous, donc je ne vais pas tous les citer!), dans une mise en scène intelligente, avec de l'éclat et de la musique, de somptueux costumes et un décor joli et fonctionnel (comme toujours au Parc, c'est très très soigné!)
Vous avez compris, un vrai coup de coeur!

Quelques extraits vidéos sont disponibles sur le site du Parc : http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2009_2010_001 (et les photos qui illustrent ce billet viennent également de cette page!)
Si votre navigateur ne vous ramène pas lui-même en haut de page, sachez que pour voir la vidéo après avoir cliqué sur la petite image en bas de page, il suffit de remonter! ;-)

Magnifique?

En septembre, je suis allée voir "Le Cocu magnifique", de Fernand Crommelynck.
C'était au Rideau de Bruxelles, ou plutôt, à la salle "Le Palace", puisque les locaux habituels du Rideau sont, je pense, toujours en travaux.

Pour info, la pièce se jouera au Jean-Vilar, à Louvain-La-Neuve, du 9 au 12 février 2010: infos et réservations ici (illustrations de ce billet en provenance du même site!).

Première chose importante à savoir (ah si si, parce que moi je le savais pas avant d'y aller, et ... ça peut être utile niveau organisation), la pièce dure 2h30. Sans entracte, mais quand même, 2h30.

Et franchement... Ben moi, ça m'a paru long! L'histoire est assez particulière, elle tourne autour d'un sentiment très répandu: la jalousie. Mais poussée ici à un extrême assez... étrange. Puisqu'un homme, éperdument amoureux de sa femme (qui le lui rend pourtant bien et est la fidélité même), va la pousser dans les bras d'autres hommes pour...euh... par stratagème pour la découvrir infidèle... Enfin... Par chantage, en quelque sorte, pour ne pas vivre dans le doute et la crainte mais plutôt dans la certitude... de faits qui ne se seraient en fait pas produits s'il avait juste fait confiance à son épouse...

Bref, tout ça est tortueux, torturé, et fait plus que flirter avec la folie, en tout cas de mon point de vue. Certes, c'est écrit avec beaucoup de poésie, mais... j'ai trouvé que la pièce tournait en rond...
Broder sur le thème de la jalousie pendant 2h30, ça mène forcément à tourner en rond, même si en fait, chaque rond enfonce le couple un peu plus dans une situation malsaine et sans retour en arrière possible...
Une spirale, donc, mais pas toujours lisible, et avec des passages qui pour moi n'ont rien apporté à l'ensemble.

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Le fait est que je n'ai pas réussi à entrer vraiment dans l'histoire, ou dans la (non-)logique de Bruno, personnage central et cocu magnifiquement timbré, surtout! Du coup, assez vite, je me suis lassée de cette folie furieuse présentée jusqu'au bout du bout de ses méandres...
La mise en scène de Vincent Goethals n'a pas facilité la lisibilité de la pièce pour moi.
C'est joli et onirique sans doute, avec cet immense drapé blanc, c'est sans doute plein de symboles, mais... Il a manqué un truc pour que j'accroche et que je rentre dans l'univers très particulier de cette pièce.

cocu

Reste la distribution. Le personnage qui porte toute la pièce, c'est bien sûr ce Bruno, Cocu Magnifique, interprété par Itzik Elbaz. Qui est, lui, magnifique! Ce comédien est impeccable, et je crois que si j'ai tenu les 2h30 et suis sortie sans me dire "mon dieu, quelle horreur, une pièce à oublier pour moi", c'est grâce à lui. Il apporte beaucoup de feu à son jeu, avec beaucoup de nuances dans sa folie, il brûle intérieurement, et même si les motivations de Bruno avaient tendance à me barder, le jeu d'Itzik Elbaz m'a scotchée.
Bref, un grand grand talent dans plein de registres!
Le reste de la distribution est pas mal, mais sans révélation particulière pour moi. J'ai eu un peu de mal avec le personnage de Stella (la femme de Bruno), interprétée par
Anne-Catherine Regniers, mais je suppose que ça n'est pas lié au jeu de la comédienne, mais à la personnalité de Stella... qui avait tendance à m'horripiler...
Ah oui, je m'en voudrais de ne pas signaler Corinne Masiero, qui campe entre autres une nourrice absolument hilarante.

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Bref, malgré le jeu d'Itzik Elbaz, une pièce qui ne m'a pas vraiment convaincue!

Massive update...

Coucou tout le monde!

Bon ben... Force est de constater que j'ai été assez paresseuse ces derniers mois.
Ou alors, que je suis allée trop souvent au théâtre...
Hé oui, un programme chargé = moins de temps pour vous en parler...

Je vais tenter de rattraper mon retard aujourd'hui. En postant des résumés des différents spectacles et pièces que j'ai vus ces derniers mois. Un sujet par billet, pour les classer plus facilement, mais des billets courts, parce que je n'aurai pas le temps de vous faire une analyse détaillée de chaque pièce... Non parce que l'air de rien, depuis fin septembre, c'est pas moins de 10 spectacles que je suis allée voir!
Donc... On va voir ce que je parviens à faire avec tout ça!

C'est parti!

Mary

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13 septembre 2009

Miaou!

C'est la rentrée!

Alors en guise de reprise, je suis allée voir une pièce légère au
théâtre royal des Galeries à Bruxelles ...
Ca s'appelle
"Chat et souris", et c'est une pièce de Ray Cooney, célébrissime auteur anglais de pièces de Boulevard, enfin, je ne sais pas quelle est la dénomination exacte et actuelle, mais bon vous voyez ce que je veux dire, non?

Derrière ce titre, rien d'animalier pourtant!
D'ailleurs vous pourriez lire plutôt (mais non pas le chien de Mickey!) "t'chat" que chat, bref, discussion sur le net pour le dire en français! Et la souris, c'est plutôt celle qui va avec le clavier pour utiliser un ordinateur!

Car l'histoire est très moderne! (Ou comment les nouvelles technologies modifient le triangle mari-femme-maîtresse et le font voler en éclats)...
Jean Martin (un nom très courant...) mène une double vie depuis plus de 16 ans. Il est chauffeur de taxi, marié à Mathilde et père d'Alix, 15 ans, vivant à Montreuil... Mais il est aussi marié à Charlotte et père de Guillaume, 16 ans, vivant à Ivry.
Seulement voilà, le grain de sable qui va menacer cette belle vie de mensonge, c'est le net... Lorsque, sur Facebook, Alix et Guillaume se 'rencontrent' virtuellement, et, face à la coïncidence d'avoir un père qui a le même nom et la même profession, décident en toute naïveté de se rencontrer.
Commence alors pour le pauvre Jean un marathon, afin d'éviter que les enfants se croisent. Aidé de son ami et locataire (à Montreuil), Gilbert Jardinier, le voilà parti dans une suite infernale de mensonges plus énormes les uns que les autres, de stratagèmes, des coups de fils en douce, et d'enfermement à clé dans une pièce ou l'autre lorsque ça devient trop critique!
Et pour couronner le tout, le père Gilbert, qui n'a plus toute sa tête, débarque à Montreuil car son fils devait l'emmener en vacances à Knokke-le-Zoute...

Bref, vous l'avez compris, pas de surprise à attendre de cette pièce, ni beaucoup de finesse. C'est une franche comédie dans la plus pure tradition du genre, avec quiproquos, portes qui claquent, crises d'hystérie, mensonges rocambolesques, silences ennuyés suivis d'un "il va t'expliquer", vent de folie, déguisements et cascades derrière le canapé pour ne pas être vu,... Pas un ingrédient qui manque!

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Bon, moi, c'est pas complètement mon truc ce genre de pièce, parce que ça manque justement de cet imprévu qui me fait rire... Mais il n'empêche que "Chat et souris" est une pièce très efficace, avec des moments d'anthologie (notamment une espère ce 'nage' avec masque et tuba au travers de la scène, juste avant l'entracte!), et des dialogues parfois très drôles, et quelques répliques insolites qui font mouche! Bref, on passe un bon moment!
Et les deux comédiens principaux, Pascal Racan (Jean Martin) et Michel Poncelet (Gilbert Jardinier), sont pour beaucoup dans le moment d'agréable détente qu'on passe aux Galeries! Leur talent comique n'est plus  à souligner, mais ils excellent, Pascal Racan qui s'enfonce dans ses mensonges mais ne veut pas rendre les armes, Michel Poncelet avec un personnage qui se révèle plus doué qu'on ne s'y attend et a beaucoup d'imagination et une certaine efficacité! Leurs mimiques à tous les deux sont impayables, et provoquent le rire. Chapeau!

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Pour le reste, c'est un peu trop bruyant pour moi! Beaucoup de cris, et trop de portes qui claquent!
Des incohérences comme souvent dans ce genre d'histoire aussi, une fin assez... tirée par les cheveux (on a toujours l'impression que l'auteur, à un moment, s'est tellement emberlificoté dans sa toile de mensonges, qu'il tire un fil pour clôturer d'une façon ou d'une autre, et tant pis si c'est pas vraiment crédible!)...
Enfin, je ne dis pas que c'est inattendu comme fin, par contre, mais bon... J'ai un peu eu l'impression d'un soufflé qui retombe. Au début, la pièce est bourrée de rythme, de répliques qui fusent, et petit à petit, ça s'épuise, ça tourne en rond, et ça retombe un peu. Je ne pense pas que ça vienne des comédiens, peut-être la mise en scène un peu, sans doute l'histoire et le texte surtout!
Ah oui, je m'en voudrais de ne pas citer Jean-Paul Dermont dans le rôle du papy, un peu déglingué mais bon pied, bon oeil... Sa performance apporte fraîcheur et humour à une 2ème partie un brin moins réussie selon moi!

Côté mise en scène, Bernard Lefrancq déclare dans le programme qu'une pièce de Ray Cooney, et celle-ci en particulier, ne laisse pas beaucoup de place et de liberté pour le metteur en scène, tant c'est une partition complète et complexe, dont on ne peut s'écarter sous peine de nuire à la pièce.
Une chose pourtant à signaler, assez originale et perturbante au départ : la scène représente les 2 appartements (Ivry et Montreuil) à la fois. Comprenez bien, il n'y a pas 2 espaces séparés, mais un seul espace qui représente tantôt une maison, tantôt l'autre, et parfois les deux en même temps!
Ca donne forcément des moments bizarres, où des gens se "croisent" mais ne se voient pas puisqu'ils ne sont pas dans la même maison, en fait... Ca permet des effet, des dialogues en échos dans une famille et l'autre...
La difficulté pour le metteur en scène est donc que le spectateur ne se perde pas et sache toujours qui est où... Défi relevé selon moi, j'ai bien suivi, sans avoir besoin d'un effort d'attention ou de concentration!

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En résumé, "Chat et souris" est une pièce drôle et légère, qui ne vole pas très haut mais fait du bien pour se détendre, une soirée où on n'a pas trop envie de réfléchir!
Et Pascal Racan et Michel Poncelet valent, par leur jeu, le déplacement!
A voir aux Galeries jusqu'au 4 octobre, plus d'infos ici. (les photos viennent de ce site)

Mary

31 juillet 2009

Un forum sur le théâtre

Hello!

En attendant de trouver le temps de vous parler de "L'Avare", le spectacle de Villers-La-Ville de cet été [ndla post - billet : voilà, pas eu le temps... du coup, un avis en quelques mots sur ce spectacle sont en commentaire de ce billet... C'est toujours ça!] ...
je vous fais partager un forum qui vient d'être créé (pour une fois, je suis tombée sur un forum où y'a pas 3 ans d'historique à lire quand on s'inscrit!) et qui est consacré au théâtre!

Théâtre-Hall

Encore à ses débuts, et plutôt centré sur la France (et même le sud de la France pour les sujets actuellement présents dessus) il ne demande qu'à grandir et s'étoffer! (et parler de spectacles dans d'autres régions/pays aussi!)

Alors, je compte sur vous pour vous y inscrire et y participer ?

Mary

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30 juin 2009

Fin de saison

Coucou tout le monde!

Pas beaucoup de news ici ces derniers temps je sais...

Mais les mois d'avril, mai et juin furent très calmes....
3 pièces vues, mais pas de coup de coeur particulier, même si 2 sur les 3 étaient franchement pas mal du tout!

En quelques lignes:
* Le cercle des amis de la chanson d'amour, au Public:
J'étais curieuse de découvrir le concept, j'ai été un peu déçue. Il y a des idées, mais bon, ça tourne pas mal en rond quand même... Quelques moments intéressants, des idées sympa, les morceaux chantés sont pas mal, mais... c'est trop agité, limite agaçant parfois.
Et la technique pour faire écrire un quatrain au public c'est quand même bof: faut déjà proposer un vers de 8 pieds (et c'est plus difficile que 12 je trouve!), et à partir de rien... Pour moi ils auraient dû animer plus cette partie là, proposer des mots de départ, des thèmes, croiser les idées...
(quoi, c'est l'animatrice de brainstorming en moi qui réagit, là, non?)
Bref... Pas plus convaincue que ça!

* Le piano de Staline, au Parc:
Finalement, les thèmes russes, c'est aussi un peu lourd à mon goût... Donc, seul bémol, la pièce est un peu longuette, ou il y a des passages un peu longuets, je sais pas...
MAIS... Les comédiens sont excellents. Donc ça passe, et ça passe même finalement très bien!
En même temps, c'est pas étonnant, avec une telle distribution: Jean-Marie Pétiniot (Staline), Jean-Claude Frison (Chostakovitch), Alexandre von Sivers (Prokofiev) et Jacques Viala (Jdanov)

Le jeu et la mise en scène sont assez épatants car ils rendent certains passages extrêmement tendus, malsains presque... le côté manipulateur de Staline, cette manière faussement douce d'écraser les 2 compositeurs, de les torturer mentalement... Un passage où il casse les disques de Prokofiev est particulièrement intense en émotions!
A côté de ça il y a des moments légers, extrêmement drôles (dans la 2ème partie, lorsqu'ils essaient de composer un morceau, c'est cocasse!!!!), qui équilibrent... Mais on en ressort avec un léger malaise, face à cette personnalité complexe de Staline...
Assez bluffant!

* Dom Juan, au Public:
Un classique, du Molière... A priori pas trop ma tasse de thé, mais Dom Juan, ce n'est quand même pas la pièce la plus caractéristique du style Molière, et l'ayant lue à l'école, j'étais curieuse de la découvrir!
Et ... ça m'a beaucoup plus! La pièce fonctionne très bien, avec de l'humour, de la séduction, de la légèreté, de la tragédie, du fantastique qui fait peur (oui j'exagère, mais les passages avec le commandeur et dans la forêt sont... inattendus dans la forme, et je trouve, bien réussis pour l'ambiance!)
Et puis le duo Dom Juan / Sganarelle (Serge Demoulin / Olivier Massart) fonctionne très très bien!
La pièce vaut certainement d'être vue, au moins pour ce duo, et puis le reste de la distribution qui tient bien la route aussi!

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29 mars 2009

Au programme - mars 2009

Programme théâtral à nouveau chargé en mars, enfin surtout comparé à janvier et février...
Avec une reprise, et une sortie euh... avant-première (à Paris en plus!), mais qui n'a rien à voir avec le théâtre, donc, dont je ne vous parlerai pas ici!  :-)
Mais par contre, je vous en parle sur l'autre blog... compte-rendu complet de la "Nuit" Kaamelott (mais séance de 11h) au Grand Rex ici

* Sois belge et tais-toi
Eh oui, je suis donc retournée voir le spectacle le 5 mars à Auderghem!
Toujours aussi "au top", rien à redire, c'est même encore mieux qu'en décembre, sans doute des comédiens plus à l'aise avec le texte et la mise en scène donc se lâchant plus! (et, non, je ne trouve pas que ce soit de la déconcentration sur le rythme, c'est bien aussi le grain de folie et les fous rires impromptus!!).

A vous signaler aussi : le DVD est déjà sorti cette année! Eh oui, avant la fin de la tournée!
Avec le spectacle apparemment en version intégrale, et quelques petits bonus 'coulisses'...
Je l'ai déjà acheté, mais je ne le regarderai pas tout de suite (faut pas abuser des bonnes choses), donc, 'review' du DVD avec print screens pour plus tard!
Mais en attendant, si vous avez raté le spectacle... il vous reste 2 dates de rattrapage en mai (le 4 à Woluwé, le 5 à Gilly), ou alors, à commander le DVD!

* Texto, au Théâtre de la Toison d'Or
Alors là... gros, gros coup de coeur!
OK, c'est tout à fait dans la veine des spectacles que j'aime, ceux auxquels j'accroche... Donc forcément j'ai adoré et passé une soirée excellente. Mais objectivement, je crois que ce spectacle qui part de cette question : "c'est quoi, être juif?" et qui questionne l'être humain bien au-delà de la religion, quelle qu'elle soit, ce spectacle, donc, a beaucoup d'atouts!

Difficile de vous résumer cette pièce d'Albert Maizel, d'autant que l'intrigue repose aussi sur un certain suspense !
Alors, en quelques lignes, au début de la pièce, dans son appart, il y a Michel, un avocat. Juif, puisque c'est d'être juif qu'il est apparemment question dans la pièce. Il commence une drôle de journée, sous pression, pendu au téléphone, entre sa femme qui lui annonce qu'il risque bien d'être élu 'personnalité juive belge francophone de l'année', son fiston qui découvre les p'tites copines, un client qui le félicite d'une initiative de son confrère, un autre qui veut le quitter à cause de cette même initiative...
Et Serge, le fameux confrère, qui n'est pas joignable... Et puis débarque Michel, un autre Michel, le 3ème larron qui avait fondé le cabinet, 3 anciens potes inséparables autrefois... Michel, parti au fin fond du Caucase s'occuper de réfugiés, pas revu depuis plus de 6 mois... qui déboule en tenu folklorique chez le premier Michel, pour lui rappeler une promesse: ce week end, les 3 amis devaient aller marcher dans le Mercantour. Serge serait déjà sur la route, à en croire les textos reçus par Michel sur cet étrange téléphone portable...
Mais quelle est donc la 'mission' réelle de Michel, que vient-il faire chez son ancien ami, que sait-il exactement de... ? Pourquoi pose-t-il tant de questions à Michel sur le sens de sa vie, sur ce que c'est pour lui d'être juif...?

Eh oui, derrière cette intrigante histoire, il y a des questions et des réponses. Seulement, peut-être que les réponses fournies dans la pièce ne correspondent pas aux questions posées... Peut-être que certaines resteront ouvertes, sans réponse, parce qu'après tout ne dit-on pas qu'un juif, quand on lui pose une question, répond par une question?

Ce qui est sûr, c'est que dans cette pièce, il y a quand même énormément d'humour, bien mis en avant dans la mise en scène d'Alexis Goslain, et qu'on rit beaucoup!
Et aussi, et surtout, qu'il y a deux comédiens qui se font face avec énormément de talent, qui s'amusent avec ces personnages, qu'ils campent de façon totalement convaincante : Itzik Elbaz, exceptionnel, décidément capable de tout jouer, à mille lieues des rôles dans lesquels j'ai déjà ppu le voir, il est le premier Michel, l'avocat qui a oublié un peu le sens de sa vie, et il est juste incroyable, par moments cocasse, avec un côté un peu 'Michel Boujenah' en moins exagéré, par moments dépassé et paumé, sentant bien qu'il y a des trucs qui lui échappent...
En face, Jean-François Rossion est plus posé, avec un côté doux et rassurant dans le sourire, mais mystérieux à souhait quand il le faut...

En conclusion, je ne peux que vous encourager à aller voir cette pièce, très drôle, avec pas mal de profondeur, des fous rires, des questionnements, et deux acteurs épatants!
A voir au TTO jusque fin mars!

* Les grandes occasions, Théâtre du Parc
Du théâtre américain contemporain... un p'tit côté "Tennessee Williams" pour cette pièce de Bernard Slade, présentée au Parc dans une 'traduction'/adaptation de Danièle Thompson, ce qui donne de chouettes dialogues plutôt bien envoyés!

L'histoire? Il s'agit d'un couple, Emilie et Antoine. Mariés, 3 enfants. Au début de la pièce, ils fêtent leurs 15 ans de mariage, mais le coeur n'y est pas. Car ils vont se séparer, entre eux, ce n'est plus possible. Enfin... ils ne se comprennent plus, c'est difficile, elle ne peut vivre ni avec lui, ni sans lui... Alors, pendant 10 ans, on va suivre ce drôle de "couple" qui se retrouve lors de "grandes occasions" comme le titre l'indique, enterrement de la mère d'Antoine, fin des études de leur fils, premier concert de l'aînée, remariage, soirée de Noël... 10 ans qui permettront peut-être enfin à Antoine et Emilie de s'apprivoiser, de se parler sans fard, sans masque, de se voir tels qu'ils sont et de s'expliquer...

La pièce, c'est donc une suite de petites saynettes, souvent à deux, parfois avec seulement l'un des protagonistes. C'est souvent drôle, et souvent touchant aussi. Car les dialogues sont ciselés, car l'histoire, c'est simplement la vie, où rien n'est simple, où les choses ne se passent pas comme on le voudrait, où on se fait du mal sans le vouloir, où on n'arrive pas à se parler... Palette de sentiments, d'émotions, et forcément, ça parle aussi aux spectateurs, il y a forcément l'un ou l'autre passage qui réveille un écho en chacun de nous...
Jolie pièce, humaine et touchante, portée par deux comediens exceptionnels : Patricia Houyoux et Jean-Claude Frison. Ils sont absolument impeccables, jouent avec énormément de nuances ces deux personnages et la complexité de leurs relations et leurs sentiments, sont parfois cocasses, parfois forts, parfois fragiles, parfois pathétiques... Du grand art qui permet à cette pièce, sobrement et efficacement mise en scène par Toni Cecchinato, d'être très réussie et qui fait passer un moment agréable aux spectateurs!

A voir au théâtre du Parc jusqu'au 4 avril!

* Facteur humain, Théâtre le Public
Le Publis sous-titrait, pour cette pièce, "comédie extra-terrestre"...
Bon alors, extra-terrestre, peut-être bien, mais comédie... Moi j'ai pas trouvé ça franchement comique! Mais plutôt agressif, et je ne suis pas la seule, à ce que j'ai entendu comme commentaires en sortant!
Agressif, dans la forme, avec de la musique assez grinçante par moment, des sons genre "guitares électriques saturées", des grondements et des bourdonnements, des cris...
Agressif dans le propos aussi, dans une vision sans concession de la société et du monde, dans le côté plutôt sordide de cette peinture de folie ordinaire qui cache un drame...

Donc, as trop ma tasse de thé, et je n'ai donc pas accroché à ce spectacle, inspiré apparemment d'un reportage du magazine 'Strip Tease', qui raconte l'histoire d'un homme, Ludovic-Victor dit Toto, ou plutôt un extra-terrestre, envoyé en mission sur terre pour observer et faire des rapports à sa planète d'origine, et qui construit lentement mais sûrement sa soucoupe volante dans le jardin, afin de pouvoir rentrer et rejoindre son père, déjà reparti vers leur planète.
En attendant, il vit chez sa mère, le genre envahissante et sur-couveuse qui a peur que son petit l'abandonne. Une mère perdue entre les médicaments très nombreux dont elle se gave, et son amour du Magicien d'Oz. Elle tient un kiosque à journaux, où Toto la remplace souvent, pour vendre les magazines (il en profite pour découper dans les journaux les faits divers glauques et sordides, coupures qu'il collectionne et qui lui servent à réaliser ses rapports sur la planète Terre!
Mais un jour, une jeune fille étrange survient au kiosque. Elle dit s'appeler Cendre, et va petit à petit prendre de la place dans la vie de Toto, jusqu'à ce que finalement, tout bascule...

Une histoire étrange donc, qui flirte avec la folie et touche donc aussi au franchement sordide par moments.
De bonnes performances d'acteurs cependant à souligner, en particulier Jo Deseure, qui est grandiose pour camper la mère, Thierry Janssen, qui interprète Toto et est aussi l'auteur de la pièce, et Erika Sainte, qui est l'énigmatique Cendre.
Bref, un drôle de coctail, dont vous sortirez au moins en fredonnant 'Somewhere over the rainbow', mais pas vraiment optimiste, donc... à tenter si vous aimez les pièces un peu agressives et un peu destroy!
Au Public jusqu'au 25 avril.

28 février 2009

Au programme - janvier et février 2009

Un peu de retard pour mettre en ligne mes critiques de janvier/février, on dirait...
Pourtant ces 2 mois étaient assez 'légers', 2 pièces vues chaque mois...
Du coup je vous les regroupe en un billet.
Allons-y!

* Cendrillon, ce Macho! - Théâtre de la Toison d'Or

Alors, ce spectacle de Sébastien Ministru était vraiment un régal pour les fêtes de fin d'année!
J'avais vu une des dernières représentations, et même s'ils ont joué les prolongations jusque fin janvier, ce fut rapidement complet. Mais bonne nouvelle, il serait question d'une reprise en fin d'année 2009...
Donc, je vous en livre quelques mots.

Cendrillon ce macho, c'est une idée originale. Et si Cendrillon était un homme? Changeons les codes du conte de fées, prenons donc un prince charmant homo, qui pour plaire à son père organise un bal avec les belles du royaume (la marâtre de Cendrillon s'y rendant bien sûr avec ses deux... filles), mais tombe amoureux d'un Cendrillon. Bon, après, ça se complique un peu, il le retrouve grâce à sa chaussure, mais tout n'est pas si simple, quand même... Enfin, on peut s'attendre à un happy end, rassurez vous!
Voilà donc une version moderne, pleine de paillettes, de chansons, d'humour, de folie, d'énergie, d'un conte de fées connu. C'est aussi, l'air de rien, une ode à la tolérance et à l'ouverture d'esprit face à la différence, un texte un brin 'revendicateur', parce que le couples 'gay' sont des couples comme les autres.

Nathalie Uffner signe la mise en scène de ce spectacle haut en couleur, plein de rythme, et qui provoque fous rires à répétition et enthousiasme débordant dans le public! Un vrai moment d'allégresse!
Les comédiens sont excellents, 'Maman' ainsi que deux membres de son cabaret, Marla et Bruno, s'en sortent bien et ne se contentent pas de numéros de danse et play-back, mais campent la belle-mère et les demi-soeurs de Cendrillon avec humour et beaucoup de dérision et d'auto-dérision, avec quelques 'clins d'oeil' dans le texte (puisque forcément, les deux filles appellent leur mère "Maman"...)
Frédéric Nyssen est Cendrillon, plein de charme, plutôt mignon, un rôle de composition avec pas mal de nuances! Antoine Guillaume, Julie Duroisin et Jean-François Breuer sont aussi très bons dans les rôles respectivement du prince, de sa "conseillère" (je ne sais pas trop comment l'appeler, c'est un peu l'entremetteuse aussi puisqu'elle connait Cendrillon, elle est déjantée dans un rôle de vieille fille un peu en manque à force d'être entourée d'homos, elle est cocasse notamment dans un play-back de Lara Fabian!!), et de styliste du prince.
Mais la palme du délire revient sans conteste à Laurence Bibot, totalement hilarante, dans le rôle de la marraine alcoolique, défoncée à la cocaïne, organisatrice de partouzes. On est loin de l'image habituelle de la fée marraine! Mais Laurence Bibot est épatante, et irrésistible quand elle se lance dans du Amy Winehouse!

Bref, un spectacle réjouissant! Si vous l'avez raté en cette fin 2008/ ce début 2009, précipitez-vous s'il est repris fin 2009! (vous pouvez déjà contacter le TTO pour être tenus informés, à ce que m'a dit un ami!).
Le site du TTO, c'est ici!

* Faut pas payer! - Théâtre Le Public
Une pièce de Dario Fo, par la troupe de l'Eveil, mis en scène par Carlo Boso, voilà qui, après "Mort accidentelle d'un anarchiste" il y a quelques années, s'annonçait bien...
Alors, ce spectacle tient-il ses promesses?
Pour moi, sans aucun doute, oui!
D'ailleurs, ils l'ont prolongé, au Public, jusqu'au 13 mars au lieu du 7 initialement annoncé.
Plus d'info sur leur site et aussi sur le site du Théâtre de l'Eveil.

L'histoire? Une pièce... étonnamment d'actualité!
C'est la crise! Tout devient trop cher, les prix de la nourriture s'envolent, les salaires ne suivent pas, le chômage augmente, les entreprises licencient...
Alors, dans une cité ouvrière, les femmes se révoltent à leur façon. Elles décident d'acheter les aliments au supermarché en les payant le prix qui leur semble juste, voir, en ne payant rien!
Evidemment, la police les poursuit et vient perquisitionner. Antonia fait partie de ces ménagères révoltées. Seulement, elle doit cacher ce qu'elle a volé, non seulement à la police, mais aussi à son mari Giovanni, à cheval sur le respect de la loi. Alors, elle décide de profiter de sa voisine Margherita, et cache des aliments sous son manteau. Et boum! Les voilà obligées d'inventer une grossesse cachée, rapide, compliquée... à leurs époux respectifs, ainsi qu'aux deux flics rencontrés, l'un plutôt alter-modialiste, l'autre beaucoup plus rigoriste (et qui se ressemblent pas mal, en plus... Forcément, c'est le même comédien qui interprète plusieurs rôles!).
A partir de là, ce sont des quiproquos en série, des portes qui claquent, des retournements de situation, des mensonges, du vaudeville plein de rythme, entre traits d'esprits et gags burlesques.

Bref, cette pièce, malgré un côté 'dénonciateur' des dérives libérales (comme dirait Elio Di Rupo), malgré un contenu ancré à gauche, prend surtout le parti de rire de la crise. C'est avant tout une farce, un vrai délire! Actualisé par Dario Fo il y a quelques années, pimenté de quelques traits bien de chez nous (toute allusion à la situation belge, à Fortis,... ne serait évidemment pas fortuite!), le spectacle fait souvent mouche et on rit beaucoup. D'autant que la distribution, menée tambour battant par Guy Pion et Béatrix Ferauge qui campent le couple Giovanni / Antonia, s'en donne à coeur joie avec plein de peps et n'hésite pas à en remettre, sans tomber dans le surjeu!

Bref, un bon moment franchement rigolo et tout à fait d'actualité!

* Érasme et Pantagruel - Théâtre du Parc
Un spectacle assez intéressant, avec pas mal de jolies idées et d'originalité dans la mise en scène, mais un peu inégal quand même.
Ce texte est signé Jean-Claude Idée, inspiré évidemment des idées et oeuvres d'Érasme et de Rabelais, et le spectacle est mis en scène par l'auteur.
Il raconte la rencontre et la confrontation (imaginaire) entre Erasme et Rabelais, l'un vieillissant, l'autre bondissant, l'un maître, l'autre disciple, l'un déçu par l'autre, l'autre cherchant à démontrer que sous les scènes de débauches et de rire gras de son Pantagruel et de son Gargantua se cachent les idées humanistes d'Erasme, le rire en plus (car rire est le propre de l'homme).

Le spectacle développe donc des idées toujours d'actualité, des principes qui sonnent juste, sur l'importance de la connaissance, étudier et se connaître soi-même, sur la tolérance, l'absurdité de la guerre, les utopies...
La troupe, nombreuse, jongle avec les différents personnages, historiques dans la première partie (car on 'revoit' un peu l'histoire de l'époque, avec tous les grands personnages qui apparaissent ingénieusement de ci, de-là, dans le décor, et qui viennent se raconter), ensuite, personnages des romans de Rabelais, colorés, pour raconter l'histoire de ses géants, Gargantua et Pantagruel. En tête de distribution, on retrouve Jean-Philippe Altenloh (Erasme, j'allais écrire 'très ressemblant', en tout cas à l'image qu'on s'en fait, tout en rigueur un peu froide) et Michel Poncelet (Rabelais, en rondeurs et bonhommie).
Leur 'duo', entre confrontation et admiration, fonctionne bien! Tout comme le reste de la distribution, globalement à la hauteur!

Le décor mérite un bravo particulier car il est très ingénieux et admirablement utilisé au fil de la pièce. On démarre dans une grande et austère bibliothèque, qui se colore petit à petit, se "décore", révèle des niches et des trappes, et finalement, s'ouvre en deux pour nous plonger dans le monde de Gargantua, avant de se transformer en un vaisseau voguant sur les flots, vers l'Abbaye (imaginaire) de Thélème, à la règle tellement simple, "Fais ce que voudras" - pour ceux qui ne connaissent pas, j'ai trouvé ce lien intéressant -, pour un final plein d'entousiasme et d'utopie, qui fait rêver ceux qui adhèrent à ce genre d'idées (dont, j'avoue, je suis, et la description enthousiaste de cette utopie finale m'a embarquée!).

Alors, malheureusement il y a quelques longueurs, quelques lourdeurs, quelques passages dont on se serait sans doute passé... Mais dans l'ensemble, le spectacle est plutôt réussi!

* Yaacobi et Leidental - Rideau de Bruxelles
Euh... Alors... Quoi vous dire sur cette pièce?
Que c'est, parait-il, de l'humour juif. Bon, j'avoue ne pas avoir trouvé le fond très drôle, c'est plutôt noir comme pièce, enfin, ou bien j'ai pas tout compris, ou bien cette histoire d'amitié abandonnée et d'amour raté n'est quand même pas particulièrement comique...
Bref, autant le dire directement: je n'ai pas du tout accroché à ce spectacle mêlant performance théâtrale,  chants (un peu de tout, parfois blues, parfois avec un p'tit côté Kurt Weill / Opéra de Quat'sous ) et musique live (mais jouée d'une façon assez bizarre souvent, pas vraiment sur des instruments normaux!).
Je ne sais pas, j'ai trouvé ça franchement décousu, un peu sans queue ni tête, enfin... je ne suis pas du tout rentrée dedans, et c'est même difficile de vous expliquer exactement pourquoi...
Tentez-le si ça vous intéresse, et dites-moi ce que vous en avez pensé!

13 janvier 2009

Et les stats pour 2008, ça donne quoi?

Coucou tout le monde!

Eh oui, on est déjà en 2009 depuis 2 semaines presque, alors, comme les années précédentes, je me suis amusée à me livrer à un petit bilan totalement subjectif, comme d'habitude, de mon année théâtre pour 2008!

D'abord, les chiffres... En comptabilisant les spectacles, concerts, pièces, j'arrive quand même à un total de 39... Eh oui, j'ai mis les pieds 39 fois dans un lieu de spectacle disons, sur un an, ça fait quand même pas mal, je me demanderai encore pourquoi j'ai du mal à trouver du temps libre, moi! :-)
Sur ce total, j'ai quand même compté 29 pièces de théâtre, pas de surprise donc, je reste une fana de théâtre avant tout!
Et je me rends compte que j'écume pas mal d'endroits différents! J'en ai quand même compté 19, de salles de théâtre, pour ces 39 représentations! Bon, ok, Louvain-La-Neuve, ça fait déjà 3 salles différentes, mais quand même!

Et derrière tout ça? Ben forcément, des coups de coeur, des déceptions... Et un top 3, comme ça, des pièces que j'ai aimées particulièrement, qui m'ont marquée... et je vous rappelle la règle d'or: 'Sois belge et tais-toi', pour tous les épisodes antérieurs et à venir, c'est HORS CONCOURS! Forcément, hein, sinon ça fait en tout cas quelques années que ce spectacle squatterait une marche de mon top 3, puis comme je vais toujours bien revoir le spectacle une deuxième fois... (ou une 3ème), ça fait départager 2 épisodes par an... non, définitivement, hors-concours! :-)

Donc pour 2008:
En première position, "L'arbre de joie", de Louis-Michel Colla et David Khayatque, dans une mise en scène d'Olivier Coyette, pièce que j'ai vue au Jean-Vilar de LLN justement. Un vrai coup de coeur, une pièce qui déborde d'humanité, touchante, pas résignée, du fond, de l'humour quand même, une mise en scène originale et de super acteurs! Je ne vous en ai touché qu'un bref mot, parce que j'ai vu la dernière représentation, et que je ne voulais pas créer de frustrations... Mais c'est mon vrai coup de coeur!
Parce que le théâtre qui transmet des émotions, c'est un grand oui, c'est ce que j'adore!

En 2ème place, changement total de genre: "La guerre de Troie n'aura pas lieu", de J. Giraudoux. Mise en scène de Jean-Claude Idée, pièce que j'ai vue au Parc en janvier dernier.
Alors, oui, certains ont dû trouver cette pièce longue! A peu près 3h (avec l'entracte, mais bon...)...
Pourtant, moi, j'avais adoré! Un texte splendide, des comédiens totalement à la hauteur, une mise en scène très très sympa, jeux de niveaux, jeux d'anachronisme aussi, avec un couple 'Pâris/Hélène' qui faisait un peu (beaucoup?) Nico/Carla... Bref, j'avais trouvé la pièce très moderne, très rythmée, j'avais accroché, profité de toutes les saveurs du texte... Un très bon souvenir, 2008 avait bien commencé!

Et en 3ème et dernière position du podium? Après quelques hésitations, je penche finalement pour "Amour, Amour", de Jacques Henrard, mis en scène au Blocry (encore LLN!) par  Cécile Van Snick.
Je vous en ai déjà parlé sur ce blog, donc, je ne vous refais pas un topo complet. Mais pour la fraîcheur et le talent des comédiens, ça vaut bien une 3ème marche!

A part ça... l'année 2008 a été très riche en bons moments, en fait! En vrac, j'épinglerai encore:
- "Le mariage de Figaro ou la folle journée", de Beaumarchais, au Public: pour le côté festif et la mise en scène étonnante!
- "Demain c'est le printemps", au Blocry, pour l'émotion, la sensibilité, la lumière...
- "La fourmi et la cigale", au Jean Vilar, pour l'originalité des textes et de l'idée, pour le côté 'je cherche à retrouver le modèle' :-)
- "Le Bossu", à Villers La Ville, pour la majesté du spectacle, pour l'ambiance, la magie, pour Michelangelo Marchese et Pascal Racan, parce que j'aime le style 'cape et épée'
- "Où sont les hommes?" au TTO, parce que c'est trop drôle, super bien fait et bien observé
- "L'improshow", aux Riches-Claires, pour le côté déjanté, pour le talent, pour le côté vitaminé du truc, pour les fous-rires!
- "Qui est le véritable inspecteur Dupif?" au TTO, pour le surréalisme, le charme so british, l'humour, le 'too much'!
- "L'importance d'être constant", au centre culturel d'Auderghem, parce que je l'avais déjà vue et j'avais pas trop aimé, et parce que pour une fois que je n'ai pas du tout été déçue par des comédiens français connus (Frédéric Diefenthal et Lorant Deutsch pour ne pas les citer!)... Ca mérite un coup de coeur!
- "Un jour j'irai à NewYork avec toi" pour le talent de ce p'tit jeune homme de 13 ans, pour la simplicité et le naturel, pour la bouffée de tendresse derrière les difficultés!

Ca fait pas mal ça déjà hein!
Alors, tout était top? Ben non... J'épingle donc aussi des déceptions, malheureusement!
- "Le Cid" à l'Aula Magna... parce que c'était trop lent, trop classique, trop scandé, trop figé
- "Un Faust" au Jean Vilar... parce que j'ai pas vraiment compris et qu'en plus je suis pas sûre d'adhérer au propos que j'ai compris... Trop confus pour moi!
- "Ca ne se fait pas" au Th de la place des Martyrs... beaucoup trop décousu, une idée originale, un grand acteur (Alexandre von Sivers), mais finalement ça part dans tous les sens sans beaucoup de consistance! Dommage...
- "Dialogues d'exilés" au Public... snif, parce que j'aime plutôt bien Brecht... mais là, non, c'était trop plat, trop statique... Disons que je n'ai pas du tout accroché à l'option de mise en scène!
- "Cuisine et dépendances"... j'en ai déjà parlé, je n'aime pas trop le style Jaoui-Bacri, finalement, et même Daniel Hanssens et Pascal Racan n'auront pas rattrapé la sauce pour moi!
- "Garde à vue" au Public... bon, déception, j'exagère. C'était quand même pas mal du tout. Mais avec Patrick Descamps et Michel Kacenelenbogen, j'avais espéré encore mieux, et je ne suis pas vraiment rentrée dans l'aspect 'thriller psychologique' donc... moyen!

Et voilà, m'sieurs dames, un bilan totalement subjectif, partial et partiel (ben oui, je ne vais pas partout, je ne vais pas voir tout ce qui se joue, loin de là!)... Mais c'était mon année 2008 côté jardin et côté cour!

Belles découvertes théâtrales à vous en 2009, et à bientôt sur ce blog (il faut que je vous parle de "Cendrillon ce macho", c'est délirant et hyper drôle!)

Mary

28 décembre 2008

Au programme - décembre 2008

Coucou tout le monde!

Eh oui, je sais, on est déjà mi-décembre et je n'ai encore parlé d'aucun spectacle pour ce mois sur ce blog...
Un peu de mal pour le moment moi... J'vous passe les détails et j'essaie de me rattraper aujourd'hui!

Alors, en ce mois de décembre, j'ai occupé tous mes samedis!

* L'affaire Lambert - Th Le Public, Bruxelles
Un spectacle très... étrange! Plutôt original et inattendu. Un peu décousu, un peu déjanté, de l'humour très très noir (un peu limite par moments!), surtout sur la fin... Pas tout à fait ma tasse de thé, autant certaines choses sont très drôles (des proverbes mis à une sauce digne de Kaamelott - oui je suis fan de cette série), les accents savoureux, l'exagération de mise, le jeu des acteurs plein d'engagement, autant par moments ça grippe, le fond de satire sociale est grinçant, le jeu des comédiens un peu inégal quand même...

Bref, à tenter, mais en sachant qu'il ne faut espérer ni lueur d'espoir ni happy end à cet OVNI (et que la salle des voûtes n'est pas la plus confortable du Public...)

* Sois Belge et tais-toi - Th St Michel, Etterbeek
Aaaaaaahhh... Sois belge... Une réussite, un renouvellement en plus...
Mais vous pensez quand même pas que je vais vous en parler comme ça, en bref, ici?
Allez, hop! Nouveau billet! :-)
(et je vous mets le lien direct ici au cas z'où!)

* Cuisine et dépendances - Centre Culturel, Uccle
Bon, ben, voilà, fallait bien une déception de l'année, hein...
Pas trop convaincue par cette pièce, je suis obligée de le reconnaitre. Je n'avais pas vu le film et ne suis pas une grande fan du duo Jaoui/Bacri, mais bon, comme j'avais lu que pour ce spectacle, la pièce avait été réadaptée et que c'était très drôle, je m'étais dit 'Allons-y'...

Bon, je crois que mon problème principal est que je n'ai pas accroché au texte ou à l'histoire, celle d'une soirée de réveillon entre amis qui tourne au vinaigre, et pendant laquelle tous les comptes se règlent en cuisine... OK, c'est sans doute un portrait sans concessions, un peu vitriolé, de ce genre de fêtes, mais... j'ai du mal à en rire franchement... Donc, voilà, c'est sans doute une sorte de parti pris de ma part, mais je suis pas rentrée dans la pièce.

Après, la mise en scène est pas mal même si classique, et les comédiens se démènent, Pascal Racan est brillant et m'aura fait rire! (même s'il est exactement là où on l'attend et qu'il n'y a donc pas de surprise dans son jeu, il met du coeur à l'ouvrage et distille de nombreuses mimiques, la scène où lui et Daniel Hanssens attaquent la bouteille d'eau de vie est hilarante, c'est un des morceaux qui m'ont permis de ne pas - trop- regretter ma soirée...)...

Bref, rien à redire de particulier, si vous aimez le style Jaoui-Bacri je pense que vous aimerez cette version belge, qui est sans doute un bon p'tit spectacle pépère pour les fêtes de fin d'année....

* Un jour j'irai à New York avec toi - Th Le Public, Bruxelles
Alors là, par contre... J'ai a-do-ré ce spectacle. Il reste apparemment quelques places pour le 31/12 (infos ici), et si vous avez l'occasion d'y aller, je vous recommande ce spectacle, écrit par Bruno Belvaux et Jean Lambert, interprété par Olivier Darimont et Elie Belvaux (le fils de l'auteur, 13 ans, extraordinaire!!)...
[Update]: reprise de la pièce du 27 février au 27 mars au théâtre royal de Namur!

C'est une histoire de famille, un père et son fils, le père séparé de sa femme, dragueur invétéré, ne pouvant vivre autrement qu'en couple (affecto-dépendant ça s'appelle), le fils qui voudrait que ses parents se remettent ensemble...
Ce face à face, alors que le père attend sa nouvelle conquête, a lieu autour d'un piano, car l'enfant joue de la musique, c'est un génie dit son papa, qui compte un peu sur lui pour amadouer la dame, tandis que le gamin, lui, voudrait retourner aux Etats-Unis (dernier voyage de la famille réunie...) et y gagner sa vie en jouant dans les bars...

Ce spectacle est d'une grande grande tendresse. C'est très drôle, avec un lot de vérités quand même, avec un fond pas forcément drôle, mais tourné d'une façon optimiste, justement grâce à la tendresse et à la complicité qui unissent ce 'couple' (de théâtre!) père-fils... De quoi se dire que même quand c'est difficile et qu'il y a des reproches et des tensions dans la famille, les liens restent, même si le ton monte, ils finissent toujours par s'étreindre...

Il y a de l'émotion, des fous rires surtout, des jeux avec le public, de la musique, du piano, des chansons, un peu de guitare pour conclure (forcément, cfr le titre du spectacle...). Et une belle connivence.
Alors ok, il y a quelques redites dans la mise en scène, et par moments, Olivier Darimont en fait un peu trop...
Mais l'ensemble est hyper agréable à savourer, une petite parenthèse de tendresse et d'humanité tout simplement, ça fait plaisir.
Et puis Elie Belvaux est étonnant, pour son jeune âge, il semble d'une grande maturité, joue avec un grand naturel, ça semble spontané. Et en plus il est bon musicien!

Bref, un chouette spectacle pour cette fin d'année!
(note: imaginez-vous qu'en sortant de la salle, y'avait une dame avec un micro et un cameraman, et que bien sûr, parmi les gens qui sortaient, c'est à moi qu'elle l'a tendu, son micro! Me demande quand même à qui et dans quel cadre j'ai donné mon avis sur cette pièce... Si quelqu'un a une idée!! :-) )

Bonnes soirées théâtre à vous,

Mary




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